Frise chronologique
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Édifice gothique en granit local
1400
Réunion des chapitres
Réunion des chapitres
1400 (≈ 1400)
Vicairie rattachée au Dorat
1790
Inventaire révolutionnaire
Inventaire révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Mobilier et état délabré recensés
1803-1806
Premières restaurations
Premières restaurations
1803-1806 (≈ 1805)
Toiture et maçonnerie urgentes
1866-1867
Réparation du clocher
Réparation du clocher
1866-1867 (≈ 1867)
Dégâts couverts par Lemaire
1888-1889
Rénovation majeure
Rénovation majeure
1888-1889 (≈ 1889)
Charpente et couverture par Maingaud
1897
Reconstruction sacristie
Reconstruction sacristie
1897 (≈ 1897)
Travaux documentés
1964
Pose des vitraux
Pose des vitraux
1964 (≈ 1964)
Trois baies dont Sacré-Cœur
21 mai 2001
Classement MH
Classement MH
21 mai 2001 (≈ 2001)
Inscription en totalité
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise en totalité (cad. G 952) : inscription par arrêté du 21 mai 2001
Personnages clés
| A. Lemaire - Architecte |
Dirigea travaux clocher (1866) |
| François Maingaud - Artisan charpentier |
Rénova couverture (1888) |
| Jean Dabzac - Maçon |
Maçonnerie église (1889) |
| Saint Mélisi - Saint patron local |
Reliques conservées église |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Brillac, édifiée à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe, est un exemple typique d'architecture gothique en Charente Limousine. Construite en granit local, elle se distingue par son clocher polygonal sur la troisième travée de la nef et son portail nord à cintre brisé, orné de six voussures sculptées. Propriété communale depuis sa construction, elle dépendait autrefois du diocèse de Limoges et du comté de la Marche, territoire frontalier entre les possessions des comtes du Poitou et du roi de France.
Le monument a connu de multiples restaurations, notamment en 1806 (toiture et maçonnerie urgente), 1866-1867 (clocher endommagé), 1888-1889 (charpente et couverture par Maingaud et Dabzac), et 1897 (reconstruction de la sacristie). En 1964, trois vitraux ont été ajoutés, dont deux représentant des saints et un troisième dédié au Sacré-Cœur. L'édifice, inscrit aux monuments historiques en 2001, conserve des traces de son passé médiéval, comme les contreforts angulaires et les corbeaux sculptés.
À l'intérieur, la nef unique à voûte en berceau brisé abrite un mobilier partiellement classé, incluant deux autels historiques (Vierge et Saint-Jean), une châsse contenant les reliques de saints Pierre, Mélisi, Luc et Jean-Baptiste, ainsi que des objets liturgiques en argent et soie datés de 1790. Le faux-carré du transept, séparé par un doubleau, mène à une abside en cul-de-four éclairée par des vitraux modernes. Les archives révèlent qu'en 1790, l'église était en état de ruine avancée, nécessitant des réparations majeures.
L'église jouait un rôle central dans le noyau médiéval de Brillac, appelé « le Fort », face à l'ancien château. Sa place publique, autrefois cimetière, porte encore ce nom aujourd'hui. Jusqu'au XIXe siècle, elle attirait des pèlerins lors des ostensions de la Trinité, réputées pour guérir rhumatismes et fièvres. Les malades offraient cire, laine ou argent en échange de lectures d'évangiles sur leur tête, une pratique attestée en 1850.
Les matériaux locaux, comme le granit et les tuiles creuses, dominent la structure, tandis que les archives du XIXe siècle mentionnent l'usage passé de bardeaux pour le clocher, remplacés par de l'ardoise. Les vitraux actuels, les bancs en bois et les niches murales rappellent l'aménagement décrit en 1790, malgré les pertes post-révolutionnaires. L'édifice reste un témoignage de l'art gothique rural et de la piété limousine.