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Église Saint-Pierre de Cadaujac en Gironde

Église Saint-Pierre de Cadaujac

    1 Place de l'Église
    33140 Cadaujac

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
Fin Xe - début XIe siècle
Construction initiale
1691
Inauguration après agrandissement
XIXe siècle
Restauration majeure
1874
Construction de la sacristie
1877
Remplacement des vitraux
1967
Déplacement de la borne de Compostelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Viollet-le-Duc - Architecte restaurateur Dirigea les travaux du XIXe siècle.
Monseigneur de la Bouillerie - Archevêque de Bordeaux Bénit la sacristie en 1874.
Abbé Pierre Abrard - Curé de Cadaujac Sauva la borne de Compostelle en 1967.
Dagrand - Maître verrier bordelais Réalisa les vitraux en 1877.

Origine et histoire

L'église Saint-Pierre de Cadaujac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines à la fin du Xe ou au début du XIe siècle. Elle fut édifiée en pierre, probablement après une première évangélisation de Cadaujac, alors rattachée à la Jurade de Bordeaux. Parmi les plus anciennes de la région avec l'église Saint-Michel de Beautiran, elle se distingue par sa proximité avec une ancienne voie romaine. À l'origine, elle présentait une nef unique soutenue par douze piliers symbolisant les apôtres, avec des contreforts massifs pour supporter une voûte en plein cintre.

Au XVIIe siècle, l'église fut agrandie en réponse à la croissance démographique et commerciale de Cadaujac. Deux bas-côtés furent ajoutés dans le prolongement des chapelles latérales, et l'édifice fut inauguré en 1691 par l'archevêque de Bordeaux. Pendant la Révolution, elle fut pillée et abandonnée, perdant son trésor, ses statues et ses biens. Au XIXe siècle, sous Napoléon III, des travaux majeurs furent entrepris selon les directives de Viollet-le-Duc : l'édifice fut prolongé, les chapiteaux restaurés, une tour clocher de 33 mètres érigée, et des vitraux posés. La sacristie, construite en 1874, fut bénie par Monseigneur de la Bouillerie.

L'architecture de l'église mêle des éléments romans et des ajouts postérieurs. Elle compte aujourd'hui trois nefs et trois absides, sans transept, avec un chevet dévié vers le nord. Les murs en opus incertum et les moellons gallo-romains réemployés datent des XIe et XIIe siècles. Les chapiteaux, majoritairement du XIXe siècle, reproduisent des styles romans (végétaux, historiés ou symboliques), bien que six d'entre eux, dont deux clairement romans, subsistent. Les vitraux, remplacés en 1877 par le maître verrier bordelais Dagrand, illustrent des scènes mariales et des saints locaux.

Le portail sud du XIIe siècle, à trois voussures, présente des chapiteaux sculptés de motifs végétaux et figuratifs, comme un homme nu et un lion. Les modillons de l'abside et du clocher, typiques de l'art roman, représentent des thèmes moralisateurs (tentation, péchés capitaux). Une borne de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, datant du Moyen Âge, fut déplacée près de l'entrée en 1967. Elle porte une croix de Saint-André et des coquilles, marquant l'ancienne limite de la baronnie et un point de passage pour les pèlerins.

L'église, bâtie sur un sol instable et humide, souffre d'une fragilité structurelle historique. Les restaurations successives, notamment au XIXe siècle, ont modifié son apparence tout en cherchant à préserver son caractère roman. Les travaux récents, au début du XXIe siècle, témoignent d'une volonté continue de conservation. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques et sociaux de la région, depuis son évangélisation jusqu'à son rôle dans les chemins de Compostelle.

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