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Église Saint-Pierre de Carennac dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane Eglise gothique

Église Saint-Pierre de Carennac

    Carennac
    46110 Carennac

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
932
Première mention de Carennac
1047-1048
Donation à Cluny
1090-1110
Début construction église actuelle
1175
Bulle papale d’Alexandre III
1295
Érection en doyenné
1360
Prieuré déclaré *deserta*
1478-1507
Reconstruction par Jean Dubrueilh
1787
Suppression du monastère
1791
Vente comme bien national
1893
Classement de l’église
1914
Classement du cloître
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Frotard de Cahors - Vicomte de Cahors Donateur de la première église (932)
Bernard III de Castelnau - Évêque de Cahors Cède le prieuré à Cluny (1047-1048)
Jean Dubrueilh - Doyen de Carennac (1478-1507) Reconstruit le cloître après la guerre
Alain de Ferrières - Doyen (1529-1554) Construit le château et chapelles nord
Aymar de Ferrières - Doyen (1554-1571) Fortifie le doyenné pendant les guerres
François de Salignac de la Mothe-Fénelon - Doyen (1674) Futur précepteur du duc de Bourgogne

Origine et histoire

L’église Saint-Pierre de Carennac, située dans le Lot en Occitanie, trouve ses origines dans une première mention en 932, lorsque Frotard, vicomte de Cahors, et son épouse Adalberg offrent à l’abbaye de Beaulieu une église dédiée à saint Saturnin. Aucun vestige de cet édifice primitif ne subsiste, si ce n’est peut-être une dalle de chancel conservée au château de Castelnau-Bretenoux. Au XIe siècle, l’église passe sous le contrôle de l’évêque de Cahors, Bernard III de Castelnau, puis est cédée à Cluny en 1047-1048, marquant le début de son essor comme prieuré bénédictin.

Entre 1090 et 1110, la construction de l’église actuelle débute, financée par l’enrichissement du prieuré grâce à des donations étendues jusqu’en Auvergne et Limousin. Une bulle papale de 1175 confirme son importance, et en 1295, Carennac devient l’un des treize doyennés majeurs de Cluny. Le chœur est remanié au XIIIe siècle, tandis qu’un porche sculpté, ajouté vers 1150, témoigne de sa prospérité. La guerre de Cent Ans ravage cependant le site : en 1360, le prieuré est déclaré deserta, ses bâtiments conventuels ruinés par les troupes anglaises.

La renaissance du prieuré intervient à partir de 1478 sous l’impulsion du doyen Jean Dubrueilh, qui reconstruit le cloître (mêlant styles roman et gothique) et redonne vie au monastère. Ses successeurs, comme Alain de Ferrières (1529-1554), ajoutent des chapelles Renaissance et fortifient le site face aux guerres de Religion. Le XVIIe siècle voit le déclin s’accélérer : malgré la présence de Fénelon comme doyen (1674), les bâtiments se dégradent. Supprimé en 1787, le prieuré est vendu comme bien national en 1791. Seul l’église, classée en 1893, et son cloître (1914) échappent à la destruction.

Parmi les trésors conservés, une peinture murale du XVe-XVIe siècle, découverte en 1977, illustre le Dit des trois morts et des trois vifs, rappel moral sur la vanité des richesses. Le cloître, partiellement roman, et les chapelles nord, ornées de fresques, témoignent aujourd’hui de ce passé prestigieux. Les bâtiments conventuels, transformés en locaux agricoles après la Révolution, ont perdu une partie de leur décor, comme une cheminée du XVe siècle vendue en 1881 à l’abbaye de Loc-Dieu (Aveyron).

L’architecture de l’église allie une nef romane voûtée en plein cintre, soutenue par des piliers cylindriques, et un clocher massif. Le tympan du porche, sculpté de motifs entrelacés et de palmettes, date des alentours de 1150. Le cloître, adjacent au collatéral sud, combine arcades romanes (galerie nord) et ogives gothiques, tandis qu’un escalier Renaissance dessert les anciennes galeries supérieures. Ces éléments, malgré les dégradations subies, en font un exemple remarquable de l’art monastique médiéval en Quercy.

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