Frise chronologique
1562
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
1562 (≈ 1562)
Séparation de la tour et de la nef.
fin XVe - début XVIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Remplace une église du XIIe siècle.
1875
Classement de la tour Henri IV
Classement de la tour Henri IV
1875 (≈ 1875)
Première protection monument historique.
2005
Fermeture au culte
Fermeture au culte
2005 (≈ 2005)
Problèmes d’infiltrations en attente de restauration.
2011
Inscription de l'église
Inscription de l'église
2011 (≈ 2011)
Préfiguration du classement ultérieur.
22 avril 2015
Classement de l'église en totalité
Classement de l'église en totalité
22 avril 2015 (≈ 2015)
Protection définitive du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour de Carville, dite Tour Henri IV : classement par liste de 1875 ; L'église Saint-Pierre de Carville, en totalité, avec son clocher isolé, et le sol correspondant au terrain d'assiette d'origine, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté, sur la parcelle n° 453 figurant au cadastre section AV : classement par arrêté du 22 avril 2015
Personnages clés
| Roulland Le Roux - Maître-sculpteur rouennais |
Inspiration pour le style gothique flamboyant. |
| Georges Mirianon - Auteur des cartons de vitraux |
Sept vitraux sur la vie de Jésus. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Carville, située à Darnétal dans l’agglomération de Rouen, est une église paroissiale d’architecture gothique flamboyant, édifiée à la fin du XVe et au début du XVIe siècle. Elle remplace une première église du XIIe siècle et témoigne de la prospérité du bourg médiéval de Dernestal. Son style homogène, proche des réalisations du sculpteur rouennais Roulland Le Roux, s’inspire notamment de la Tour de Beurre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen. La tour-clocher, finement sculptée, est aujourd’hui séparée de la nef à la suite d’un incendie survenu en 1562 pendant les guerres de Religion, lorsque les huguenots incendièrent l’église lors du siège de Rouen.
La reconstruction partielle après l’incendie a conduit à la suppression des trois travées ouest de la nef, laissant la tour isolée, dite « tour Henri IV ». Cette dernière, classée monument historique dès 1875, porte encore les traces de sa jonction originelle avec l’édifice. L’église, fermée au culte depuis 2005 en raison d’infiltrations, a été inscrite en 2011 puis classée en totalité en 2015. Son intérieur, sobre et équilibré, abrite un chœur orné de vitraux du XVIe siècle et de peintures en faux-marbre, ainsi que sept vitraux modernes évoquant la vie de Jésus, créés d’après les cartons de Georges Mirianon.
La façade principale, de style « à la romaine », contraste avec le reste de l’édifice gothique. Elle a été ajoutée ultérieurement à l’emplacement où la nef se prolongeait à l’origine jusqu’à la tour-clocher. L’église illustre ainsi les transformations architecturales et les vicissitudes historiques subies par les monuments religieux normands, entre Moyen Âge tardif et époque moderne. Son état actuel appelle une restauration pour préserver ce patrimoine emblématique de la Seine-Maritime.