Frise chronologique
Fin du XIe siècle
Fondation du prieuré bénédictin
Fondation du prieuré bénédictin
Fin du XIe siècle (≈ 1195)
Débuts liés à l'abbaye de Bassac
Deuxième quart du XIIe siècle
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane
Deuxième quart du XIIe siècle (≈ 1237)
Nef et transept sud originaux
XVe siècle
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
XVe siècle (≈ 1550)
Chœur, transept nord et clocher refaits
1855-1862
Restauration par Paul Abadie
Restauration par Paul Abadie
1855-1862 (≈ 1859)
Rétablissement du toit et sculptures
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Première liste de protection nationale
1899
Intervention de L. Martin
Intervention de L. Martin
1899 (≈ 1899)
Dernières restaurations connues
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Paul Abadie - Architecte-restaurateur |
Dirigea les travaux de 1855 à 1862 |
| Constantin - Figure représentée en statue équestre |
Élément sculptural de la façade |
| L. Martin - Architecte du XIXe siècle |
Intervint en 1899 pour restaurations |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Châteauneuf-sur-Charente, située dans le département de la Charente en Nouvelle-Aquitaine, est un ancien prieuré bénédictin fondé à la fin du XIe siècle sous la dépendance de l'abbaye de Bassac. Sa construction, initiée au deuxième quart du XIIe siècle, en fait un exemple remarquable de l'architecture romane saintongeaise, avec une nef voûtée en berceau brisé et des chapiteaux sculptés. La façade, intacte, présente une riche décoration : trois arcades au rez-de-chaussée, surmontées de rosaces et de colonnes, dont une statue équestre de Constantin, élément emblématique du monument.
Au XVe siècle, le clocher, le chœur et le transept nord furent reconstruits dans un style gothique flamboyant, visible notamment dans les voûtements et les verrières du chevet plat. Ces transformations marquent une évolution stylistique entre les périodes romane et gothique. L'édifice fut classé Monument Historique dès 1862, ce qui permit une campagne de restauration dirigée par l'architecte Paul Abadie entre 1855 et 1862. Ces travaux restaurèrent le toit, supprimé pendant la Révolution, et remplacèrent plusieurs sculptures endommagées.
Les vestiges de murs en petit appareil suggèrent que certaines parties du prieuré pourraient dater du XIe siècle, antérieurement à la construction romane. À l'intérieur, la nef et le bras sud du transept conservent leur structure d'origine du XIIe siècle, tandis que le chœur, le bras nord du transept et le clocher furent reconstruits au XVe siècle. L'église, propriété de la commune, illustre ainsi près de cinq siècles d'histoire architecturale et religieuse, depuis ses origines bénédictines jusqu'à ses restaurations modernes.
La façade, particulièrement bien conservée, offre un exemple rare de sculpture romane en Poitou-Charentes. Les trois arcades du rez-de-chaussée, ornées de colonnes et d'archivoltes à motifs végétaux et figuratifs, soutiennent un bandeau à consoles décoré de rosaces. Au-dessus de l'entrée, une croisée à colonnes encadre deux statues nimbées, tandis qu'un cavalier sur un cheval, probablement Constantin, occupe l'un des arcs latéraux. Ces éléments soulignent l'importance symbolique et artistique de l'édifice dans le patrimoine régional.
Les restaurations du XIXe siècle, menées sous la direction de Paul Abadie, puis par le curé local et l'architecte L. Martin en 1899, ont permis de préserver des détails architecturaux majeurs. Cependant, certaines modifications, comme le remplacement de sculptures, reflètent les interventions humaines sur le monument au fil des siècles. Aujourd'hui, l'église Saint-Pierre reste un témoignage clé de l'art roman et gothique en Charente, ainsi que de l'histoire monastique de la région.