Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre de Châteloy, située à Hérisson dans l'Allier (Auvergne-Rhône-Alpes), est un édifice roman construit au XIIe siècle, modifié aux XVe et XVIe siècles. Ancien prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye de Saint-Cyran-en-Brenne, elle devient église paroissiale au XIIIe siècle sous le collège séculier de Saint-Sauveur. Son architecture mêle une nef romane voûtée en berceau, un clocher renforcé d'arcs-boutants, et une chapelle seigneuriale ajoutée au XVIe siècle par les Villelume, seigneurs locaux.
Le site de Châteloy, éperon rocheux dominant la vallée de l'Aumance, abrite un oppidum gallo-romain fouillé depuis le XVIIIe siècle. La légende locale associe l'église à saint Principin, martyr céphalophore du IVe siècle, dont le martyre est représenté dans une fresque du XIVe siècle redécouverte en 1971. Cette fresque, unique en son genre, illustre en six tableaux le supplice du saint, depuis sa décapitation jusqu'à l'ensevelissement de sa tête, portée miraculeusement jusqu'à l'église.
Classée monument historique en 1909, l'église est vendue comme bien national pendant la Révolution avant d'être restaurée par la commune à partir de 1852. Ses peintures murales, datées des XIVe–XVIe siècles, incluent un Christ en majesté dans le chœur, entouré du tétramorphe et d'anges musiciens, ainsi qu'une litre seigneuriale ornée des armes des Villelume. Ces décors, restaurés depuis 1969, font de Saint-Pierre une étape majeure de la route des églises peintes du Bourbonnais.
L'édifice, en péril au XXe siècle, doit sa sauvegarde au Festival de Musique en Bourbonnais, créé en 1975 pour financer sa restauration. Les travaux ont permis de mettre au jour des sarcophages, un coffre liturgique du XVe siècle, et une statuaire allant du XIIIe au XVIe siècle, dont une Vierge à l'Enfant polychrome et un saint Christophe protecteur de 1580. Aujourd'hui propriété communale, l'église reste rattachée à la paroisse du Bon Pasteur de Moulins.
Son architecture intérieure révèle des particularités comme un chapiteau historié représentant l'Éden, des fonts baptismaux intégrés à une pile cruciforme, et une abside ornée d'arcs en mitre aveugles. La nef, flanquée d'un bas-côté nord supportant le clocher, se termine par un chevet englobé dans l'enceinte du cimetière. La flèche en bois, refaite au XIXe siècle, couronne un clocher carré à trois niveaux, marqué par des sculptures en réemploi, dont un bas-relief d'acrobate.
Le site, lié à la tradition orale de saint Principin et aux ducs de Bourbon (dont la nécropole se trouve à Souvigny), illustre le rayonnement artistique et religieux du Bourbonnais médiéval. Les fouilles archéologiques n'ont cependant confirmé aucune occupation du site de Châteloy au-delà du Ier siècle av. J.-C., hors quelques monnaies latines et mérovingiennes. L'église, symbole de la transition entre roman et gothique flamboyant, incarne aujourd'hui un patrimoine à la fois sacré, seigneurial et populaire.