Frise chronologique
XIIIe siècle
Début de la construction actuelle
Début de la construction actuelle
XIIIe siècle (≈ 1350)
Possession de l'abbaye de Mortagne, édification initiale.
XIVe siècle
Ajout du chevet plat
Ajout du chevet plat
XIVe siècle (≈ 1450)
Triplet percé à l'arrière du chœur.
1548
Confiscation des cloches
Confiscation des cloches
1548 (≈ 1548)
Punition après la révolte des Pitauds.
1756
Effondrement des voûtes
Effondrement des voûtes
1756 (≈ 1756)
Reconstruction au XIXe siècle.
1862-1863
Déplacement du cimetière
Déplacement du cimetière
1862-1863 (≈ 1863)
Réaménagement de la place de l'église.
1877
Installation de cinq cloches
Installation de cinq cloches
1877 (≈ 1877)
Fondues par Guillaume d'Angers, accord en fa majeur.
1925
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1925 (≈ 1925)
Protection officielle de l'édifice.
2018
Fermeture pour travaux
Fermeture pour travaux
2018 (≈ 2018)
Affaissement de toiture et infiltrations.
2020
Aide du Loto du patrimoine
Aide du Loto du patrimoine
2020 (≈ 2020)
140 000 euros alloués pour la restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 23 février 1925
Personnages clés
| Stéphane Bern - Animateur et défenseur du patrimoine |
Mission Patrimoine soutenant la restauration en 2020. |
| Fondeur Guillaume (Angers) - Artisan campanaire du XIXe siècle |
A coulé les cinq cloches en 1877. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Cozes, située dans le département de la Charente-Maritime, trouve ses origines au XIIe siècle, bien que sa construction actuelle débute principalement au XIIIe siècle. À l'origine propriété de l'abbaye augustinienne Saint-Étienne de Mortagne, elle est marquée par des ajouts architecturaux comme un chevet plat percé d'un triplet au XIVe siècle et un clocher octogonal édifié au XVe siècle. Ce dernier abritait initialement sept cloches, dont cinq furent fondues en 1877 par la fonderie Guillaume d'Angers, formant un ensemble sonore exceptionnel en fa majeur.
L'édifice a subi plusieurs transformations et événements marquants. En 1548, ses cloches furent confisquées et emportées au château de Royan pour réprimer la révolte des Pitauds, une jacquerie locale. Les voûtes de la nef, effondrées en 1756, furent reconstruites sommairement au XIXe siècle, tandis que la façade, d'inspiration néo-classique, date également de cette période. L'église conserve des éléments médiévaux comme des chapiteaux historiés du XIIIe siècle et une frise extérieure évoquant la fable Le Renard et la Cigogne.
Au XIXe siècle, le cimetière entourant l'église fut déplacé en 1862-1863, et la place fut réaménagée. En 2000, les vitraux furent restaurés, et une rampe d'accès pour personnes handicapées fut installée. Cependant, en 2018, des problèmes structurels (affaissement de toiture, infiltrations) ont conduit à sa fermeture. Grâce à une aide de 140 000 euros du Loto du patrimoine en 2020, des travaux de réhabilitation, estimés à 2,5 millions d'euros, ont été engagés pour sauver ce monument inscrit aux Monuments Historiques depuis 1925.
Le mobilier de l'église reflète son histoire pluriséculaire, avec une chaire du XVIIIe siècle, initialement destinée à l'église Sainte-Colombe de Saintes avant d'être acquise par le curé de Cozes. Les cinq cloches actuelles, coulées en 1877, sont uniques en Charente-Maritime : fondues simultanément par un seul fondeur, elles offrent une harmonie sonore rare. Leur accord en fa majeur et leur homogénéité métallique en font un patrimoine campanaire remarquable.
L'église Saint-Pierre illustre ainsi les évolutions architecturales, politiques et sociales de la région, des révoltes paysannes du XVIe siècle aux restaurations contemporaines, en passant par les transformations liturgiques et urbaines des XVIIIe et XIXe siècles.