Frise chronologique
1421
Siège de Dreux par Henri V
Siège de Dreux par Henri V
1421 (≈ 1421)
Destructions pendant la Guerre de Cent Ans.
1524
Construction de la façade
Construction de la façade
1524 (≈ 1524)
Réalisée par Clément Métezeau, style Louis XII.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première protection officielle de l’église.
1856
Fondation du pensionnat Saint-Pierre
Fondation du pensionnat Saint-Pierre
1856 (≈ 1856)
Ouverture avec 20 élèves par les Frères.
1908
Transformation en école Saint-Martin
Transformation en école Saint-Martin
1908 (≈ 1908)
Fin du pensionnat, réaffectation des locaux.
2022
Inscription des bâtiments du pensionnat
Inscription des bâtiments du pensionnat
2022 (≈ 2022)
Protection des façades, chapelle et réfectoire peint.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures des bâtiments de l’ancien pensionnat Saint-Pierre, devenus en 1908 école élémentaire Saint-Martin, l’ancien réfectoire, en totalité, avec les décors peints de Michon de 1896-1897, les façades et toitures de la chapelle (actuel musée), les façades et toitures de la crèche de Georges-Beauniée de 1916 avec les bâtiments annexes (douches et local pour les poussettes) enfin tous les sols correspondant aux jardins et potager des parcelles 35, 36 et 44 section BD : inscription par arrêté du 11 avril 2022
Personnages clés
| Clément Métezeau - Architecte |
A conçu la façade Louis XII (1524). |
| Henri V d'Angleterre - Roi envahisseur |
Responsable des destructions en 1421. |
| Eugène Moulin - Maître-verrier |
Auteur de vitraux du XIXe siècle. |
| Michon - Peintre décorateur |
Décors du réfectoire (1896–1897). |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Dreux, située en Eure-et-Loir (Centre-Val de Loire), est un édifice catholique dont la construction s’échelonne du XIIIe au XVIIe siècle, bien que sa partie visible aujourd’hui date majoritairement du XVe siècle, après les destructions de la Guerre de Cent Ans (siège de 1421 par Henri V d’Angleterre). La façade inachevée, réalisée en 1524 par Clément Métezeau, illustre le style Louis XII, tandis que le bras sud du transept (début XVIIe) intègre des éléments classiques tout en conservant une harmonie gothique. L’église est classée monument historique dès 1840, soulignant son importance patrimoniale.
Les 39 vitraux protégés, dont 13 dans les parties hautes, datent pour certains du XIXe siècle (œuvres d’Eugène Moulin, des ateliers Lorin de Chartres et Küchelbecker-Jacquier). Le mobilier compte 25 tableaux classés, comme un Christ en croix (XVIIIe) ou La Fuite en Égypte, ainsi que des sculptures médiévales (Vierge à l’Enfant, XVIe). La chapelle axiale, dédiée à la Vierge, et les chapelles latérales (Saint-Vincent, Sainte-Clotilde) reflètent une organisation liturgique traditionnelle.
Le pensionnat Saint-Pierre, fondé en 1856 par les Frères des écoles chrétiennes, s’inscrit dans l’histoire éducative locale. Transformé en école en 1908, son ancienne chapelle néo-romane (fin XIXe–début XXe) et ses bâtiments, dont un réfectoire aux décors peints de Michon (1896–1897), sont inscrits aux monuments historiques en 2022. Le site évolue avec la construction d’une crèche (1916) et de l’école Victor-Hugo (1954), marquant son ancrage dans la vie dreuzoise.
L’église Saint-Pierre, rattachée à la paroisse Saint-Étienne en Drouais, incarne à la fois un héritage médiéval et une adaptation aux besoins modernes. Ses restaurations récentes (découverte d’une peinture du XVIe siècle en 2019, restauration d’une copie de Le Brun en 2024) témoignent d’un patrimoine vivant, entre préservation et évolution. Les éléments protégés incluent aussi des plques commémoratives (comme celle de 1524) et un chapiteau roman (XIIe) déplacé au musée de Dreux.
Architecturalement, l’édifice mêle gothique flamboyant (voûtes, baies) et influences Renaissance (façade). Le beffroi de Dreux, contemporain de sa construction, et les comparaisons avec les cathédrales d’Orléans ou de Nantes soulignent son rôle dans l’histoire régionale. Les vitraux du XIXe, souvent restaurés, et les peintures cachées (comme celle de 1858 recouvrant une œuvre du XVIe) révèlent des strates historiques superposées.
Aujourd’hui, l’église et l’ancien pensionnat, propriété communale, restent des lieux de culte, de mémoire et de culture. Leur localisation centrale (place du Musée) et leur ouverture au public (via l’association Églises Ouvertes) en font des pivots du patrimoine drouais, entre spiritualité, éducation et art.