Frise chronologique
Vers 1160
Agrandissement de la nef
Agrandissement de la nef
Vers 1160 (≈ 1160)
Ajout d’un portail et extension vers l’ouest.
Fin du XIe siècle
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
Fin du XIe siècle (≈ 1195)
Base en moellons, voûte en berceau rare.
Milieu du XIIIe siècle
Chapelle de la Vierge
Chapelle de la Vierge
Milieu du XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajoutée au nord, remaniée plus tard.
1410
Dalle funéraire des Blouet
Dalle funéraire des Blouet
1410 (≈ 1410)
Effigies gravées exceptionnelles en style gothique.
1581
Baptême de la cloche Parette
Baptême de la cloche Parette
1581 (≈ 1581)
Seule cloche survivante de la Révolution.
Fin du XVe siècle
Reconstruction flamboyante
Reconstruction flamboyante
Fin du XVe siècle (≈ 1595)
Collatéral nord et portail bouché.
14 avril 1954
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
14 avril 1954 (≈ 1954)
Inclut l’église et son cimetière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Fin XXe - début XXIe siècle
Restauration complète
Restauration complète
Fin XXe - début XXIe siècle (≈ 2125)
Mobilier et structure préservés.
Patrimoine classé
Eglise et le cimetière qui l'entoure : inscription par arrêté du 14 avril 1954
Personnages clés
| Dominique Vermand - Historien de l’art |
A étudié et daté l’église. |
| Blouet dit Tristan - Seigneur d’Oigny-en-Valois |
Effigie sur la dalle funéraire de 1410. |
| Marguerite la Blouette - Épouse de Tristan Blouet |
Effigie sur la même dalle funéraire. |
| Guillaume Dubie - Laboureur de Bouville |
Plaque funéraire de 1587. |
| Antoine Bouchel - Vicaire de Duvy en 1581 |
A baptisé la cloche Parette. |
| Robert Greffin - Seigneur de Duvy en 1581 |
Parrain de la cloche Parette. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Duvy, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice religieux marqué par deux périodes majeures de construction : le XIIe siècle pour son clocher roman, l'un des plus anciens de la région, et le XVIe siècle pour sa nef et son collatéral de style gothique flamboyant. Son architecture rustique et son plan à double vaisseau, terminés par un chevet plat, reflètent des remaniements successifs, notamment après la Guerre de Cent Ans. Le clocher, positionné de manière inhabituelle devant le chevet, abrite une voûte en berceau romane, tandis que la nef, agrandie vers l’ouest vers 1160, conserve un portail de cette époque, aujourd’hui masqué par un porche.
La nef, non voûtée et couverte d’un plafond lambrissé, communique avec un collatéral nord voûté d’ogives, reconstruit à la fin du XVe siècle dans un style flamboyant. Ce collatéral, aussi haut que la nef, présente des voûtes aux profils variés, dont certaines évoquent une transition entre le gothique rayonnant et flamboyant. Les fenêtres, aux réseaux complexes, et les grandes arcades en tiers-point soulignent cette dualité stylistique. À l’intérieur, une grille en fer forgé du XVIIe siècle délimite le chœur liturgique, tandis que le mobilier, presque intact depuis les XVIIe et XVIIIe siècles, confère à l’édifice une authenticité rare.
L’église, inscrite aux monuments historiques en 1954 avec son cimetière attenant, a bénéficié de restaurations majeures à la fin du XXe et au début du XXIe siècle. Son mobilier comprend des retables baroques, une statue de saint Pierre du XVIIe siècle classée, et une statuette du XVe siècle provenant du portail bouché du collatéral. Parmi les éléments remarquables figurent aussi une dalle funéraire gothique de 1410, ornée d’effigies gravées, et une cloche baptisée en 1581. Depuis la Révolution, l’église dépend de la paroisse de Crépy-en-Valois et accueille des célébrations occasionnelles.
Extérieurement, le clocher se distingue par son austérité et ses baies romanes bouchées, tandis que les élévations latérales révèlent des contreforts et des fenêtres aux styles variés, témoignant des différentes campagnes de construction. La façade occidentale, flanquée de contreforts asymétriques, cache un portail du XIIe siècle sous un porche moderne. Le cimetière, situé devant la façade, et le terrain municipal adjacent complètent l’ensemble, offrant une vue dégagée sur l’édifice.
Historiquement, la paroisse de Duvy relevait du diocèse de Senlis jusqu’à la Révolution, avant d’être rattachée à celui d’Amiens en 1801, puis à Beauvais en 1822. Les comptes de la fabrique et les fouilles archéologiques de 2004 ont permis de préciser certaines phases de construction, bien que l’absence d’abside romaine et l’origine exacte de la paroisse restent incertaines. Aujourd’hui, l’église Saint-Pierre, affiliée à la communauté d’Auger-Saint-Vincent, incarne un patrimoine religieux et architectural préservé, illustrant l’évolution des styles et des pratiques cultuelles en Picardie.