Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre de Firminy, souvent appelée « église Le Corbusier », est un projet architectural majeur du XXe siècle. Commandée en 1961 par Eugène Claudius-Petit, maire de Firminy et ancien ministre de la Reconstruction, elle devait s’intégrer dans la ville modèle de Firminy-Vert. Le Corbusier, assisté de Louis Miquel et José Oubrerie, conçoit un édifice audacieux en béton, mêlant nef et salles paroissiales. Cependant, des tensions avec l’évêché, qui juge le projet trop coûteux, contraignent l’architecte à simplifier les plans en fusionnant les deux bâtiments en un seul.
La construction, débutée en 1970 après la mort de Le Corbusier, est marquée par des interruptions répétées. En 1972, l’évêché se retire du projet pour des raisons financières, laissant la commune et une association locale financer les travaux. Le chantier s’arrête définitivement en 1978, laissant l’église inachevée pendant 30 ans, surnommée « le blockhaus » par les habitants. Malgré un classement à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1983, le bâtiment reste à l’abandon jusqu’aux années 2000, menacé par des projets de démolition.
En 2004, sous l’impulsion du maire Dino Cinieri, les travaux reprennent sous la direction de José Oubrerie, ancien collaborateur de Le Corbusier. Financés par des fonds publics, malgré des controverses juridiques, les travaux s’achèvent en 2006. L’église est inaugurée le 29 novembre 2006, devenant un lieu mixte : la partie inférieure abrite un centre d’interprétation dédié à Le Corbusier, tandis que la nef supérieure conserve une vocation religieuse. Son architecture, une pyramide tronquée de 33 mètres de haut, est marquée par un jeu de lumière évoquant la constellation d’Orion.
L’église Saint-Pierre s’inscrit dans un ensemble architectural plus large à Firminy-Vert, incluant une maison de la culture, un stade et une unité d’habitation, tous conçus par Le Corbusier. Classée monument historique en 2012, elle est également proposée pour une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son histoire reflète les défis de l’urbanisme moderne, entre ambitions culturelles, contraintes budgétaires et enjeux politiques locaux.