Frise chronologique
1105
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1105 (≈ 1105)
Création par Ermentrude de Montbéliard, sœur du pape.
XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Période de construction romane initiale.
1636
Attribution aux Jésuites
Attribution aux Jésuites
1636 (≈ 1636)
Prieuré confié par Léopold de Habsbourg.
1720
Construction du bâtiment nord
Construction du bâtiment nord
1720 (≈ 1720)
Période de renouveau jésuite.
1833
Nouvelle façade
Nouvelle façade
1833 (≈ 1833)
Dessinée par Aristide Poisat.
1926 et 2019
Protections au titre monuments historiques
Protections au titre monuments historiques
1926 et 2019 (≈ 2019)
Inscription de l'abside puis de l'ensemble.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abside : inscription par arrêté du 15 novembre 1926 ; l'église Saint-Pierre ainsi que les sols d'assises pour les vestiges enfouis du prieuré qu'ils comprennent, en totalité, tels que délimités par un liseré rouge sur le plan joint à l'arrêté (cad. AB 394, 396) : inscription par arrêté du 25 janvier 2019
Personnages clés
| Ermentrude de Montbéliard - Fondatrice du prieuré |
Veuve du comte Thierry, sœur du pape Calixte II. |
| Thierry de Montbéliard - Comte, époux d'Ermentrude |
Famille liée à la fondation. |
| Calixte II - Pape (1119-1124) |
Frère d'Ermentrude, lien familial clé. |
| Hugues II de Besançon - Archevêque de Besançon |
Frère d'Ermentrude, soutien spirituel. |
| Léopold de Habsbourg - Archiduc (1614-1662) |
Attribue le prieuré aux Jésuites. |
| Aristide Poisat - Architecte belfortain |
Auteur de la façade de 1833. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Froidefontaine, située dans le Sundgau au sud-est de Belfort, est un édifice roman du XIIe siècle dédié à saint Pierre. Elle appartenait initialement au prieuré clunisien fondé en 1105 par Ermentrude, veuve du comte Thierry de Montbéliard, sœur du pape Calixte II et de l'archevêque de Besançon Hugues II. Ce prieuré, construit au XIIe siècle, connut une période de déclin aux XVIe et XVIIe siècles avant d'être confié aux Jésuites d'Ensisheim en 1636 par l'archiduc Léopold de Habsbourg, qui en avait hérité l'avouerie.
Le prieuré fut restauré au XVIIe siècle, avec des travaux sur la nef et la construction d'un bâtiment au nord en 1720. Après la suppression des Jésuites en 1765, les biens passèrent au Collège royal de Colmar jusqu'à la Révolution. Au XIXe siècle, des transformations majeures eurent lieu : deux bâtiments abbatiaux furent détruits, les premières travées de la nef démolies, et une nouvelle façade fut dessinée en 1833 par Aristide Poisat. Des éléments romans, comme l'absidiole sud et le bras sud du transept, disparurent avant la Révolution.
L'église conserve un vaisseau basilical à nef et bas-côtés, avec quatre travées d'arcades en plein cintre reposant sur des piles cylindriques. Les chapiteaux cubiques de la première travée et l'abside en demi-cercle, couverte d'une voûte en cul-de-four, illustrent l'influence rhénane. À l'extérieur, l'abside est ornée d'une corniche sculptée de trois têtes. Des fouilles ont révélé des vestiges des aménagements romans, tandis que des travaux aux XXe siècle (1953, 1970-1980) ont modifié partiellement l'édifice.
L'église est protégée depuis 1926 pour son abside, puis en totalité en 2019, incluant les sols archéo-logiques du prieuré. Elle est aujourd'hui propriété de la commune de Froidefontaine. Son architecture romane, marquée par des colonnes massives et des impostes sculptées, la rapproche d'autres églises du Sundgau, comme celle de Feldbach, témoignant d'un patrimoine religieux et artistique médiéval riche.
Les éléments sculptés découverts aux abords, ainsi que les vestiges archéologiques, soulignent l'importance historique du site. René Tournier y voit une influence stylistique rhénane, caractéristique des églises romanes de cette région frontalière entre la Franche-Comté et l'Alsace. Ces particularités en font un monument clé pour comprendre l'art roman et l'histoire monastique locale.