Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre de Genens
L’église Saint-Pierre de Genens est une église romane en ruine, située à environ 2 km au sud de Montréal-du-Gers, dans les coteaux sur la rive droite de l’Auzoue. Ce site était autrefois occupé par une villa antique appartenant à un certain Genengus, dont des vestiges ont été réutilisés dans la construction de l’église actuelle. En 680, cette villa, comme d’autres propriétés locales telles que Séviac, fut cédée à l’abbaye de Moissac, qui y édifia ou rénova une première église. L’édifice actuel fut construit au début du XIIe siècle, lorsque le bien passa sous le contrôle du chapitre d’Auch.
La fondation de la bastide de Montréal en 1255 entraîna un déclin démographique pour la paroisse de Genens, marginalisant progressivement l’église. En 1569, les troupes protestantes de Montgomery ravagèrent l’édifice. Pendant la Révolution, le toit et le clocher furent détruits, et les matériaux furent réemployés au XIXe siècle pour réparer l’église paroissiale de Montréal. Classée monument historique en 1979, l’église appartient aujourd’hui à l’association Pour Genens, qui en assure la conservation.
D’un point de vue architectural, l’église, de dimensions modestes (27 m de long sur 9 m de large), présente un appareil de pierre régulier et des voûtes disparues, à l’exception du chœur, couvert d’une voûte en berceau brisé. Le portail roman, orné d’un chrisme en marbre remployé, et les contreforts extérieurs soulignent son style sobre. Le chœur, de plan carré, se distingue par ses trois étages d’élévation, ses arcades sur colonnettes antiques remployées, et ses fenêtres en plein cintre. Un escalier à vis carré, autrefois menant au clocher, subsiste dans l’angle sud-ouest.
Les fouilles et observations ont révélé des réutilisations de matériaux antiques, notamment des chapiteaux et des plaques de marbre, attestant de la continuité historique du site depuis l’Antiquité. Malgré son état de ruine, l’église conserve des éléments architecturaux significatifs, comme les modillons à boules et les corniches ornées, caractéristiques de l’art roman méridional. Son isolement actuel, au bout d’une allée de chênes, renforce son caractère mystérieux et historique.