Frise chronologique
680
Cession à l’abbaye de Moissac
Cession à l’abbaye de Moissac
680 (≈ 680)
Villa de Genengus donnée à Moissac avec Séviac.
début XIIe siècle
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
début XIIe siècle (≈ 1204)
Passage sous contrôle du chapitre d’Auch.
1255
Fondation de la bastide de Montréal
Fondation de la bastide de Montréal
1255 (≈ 1255)
Déplacement de la population de Genens.
1569
Destruction par Montgomery
Destruction par Montgomery
1569 (≈ 1569)
Ravage par les troupes protestantes.
1979
Classement monument historique
Classement monument historique
1979 (≈ 1979)
Protection officielle des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Genens (ruines) (cad. AR 76) : classement par arrêté du 27 décembre 1979
Personnages clés
| Genengus - Propriétaire antique de la villa |
Vestiges de sa villa réemployés. |
| Montgomery - Chef protestant |
Responsable des destructions en 1569. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Genens est une église romane en ruine, située à environ 2 km au sud de Montréal-du-Gers, dans les coteaux sur la rive droite de l’Auzoue. Ce site était autrefois occupé par une villa antique appartenant à un certain Genengus, dont des vestiges ont été réutilisés dans la construction de l’église actuelle. En 680, cette villa, comme d’autres propriétés locales telles que Séviac, fut cédée à l’abbaye de Moissac, qui y édifia ou rénova une première église. L’édifice actuel fut construit au début du XIIe siècle, lorsque le bien passa sous le contrôle du chapitre d’Auch.
La fondation de la bastide de Montréal en 1255 entraîna un déclin démographique pour la paroisse de Genens, marginalisant progressivement l’église. En 1569, les troupes protestantes de Montgomery ravagèrent l’édifice. Pendant la Révolution, le toit et le clocher furent détruits, et les matériaux furent réemployés au XIXe siècle pour réparer l’église paroissiale de Montréal. Classée monument historique en 1979, l’église appartient aujourd’hui à l’association Pour Genens, qui en assure la conservation.
D’un point de vue architectural, l’église, de dimensions modestes (27 m de long sur 9 m de large), présente un appareil de pierre régulier et des voûtes disparues, à l’exception du chœur, couvert d’une voûte en berceau brisé. Le portail roman, orné d’un chrisme en marbre remployé, et les contreforts extérieurs soulignent son style sobre. Le chœur, de plan carré, se distingue par ses trois étages d’élévation, ses arcades sur colonnettes antiques remployées, et ses fenêtres en plein cintre. Un escalier à vis carré, autrefois menant au clocher, subsiste dans l’angle sud-ouest.
Les fouilles et observations ont révélé des réutilisations de matériaux antiques, notamment des chapiteaux et des plaques de marbre, attestant de la continuité historique du site depuis l’Antiquité. Malgré son état de ruine, l’église conserve des éléments architecturaux significatifs, comme les modillons à boules et les corniches ornées, caractéristiques de l’art roman méridional. Son isolement actuel, au bout d’une allée de chênes, renforce son caractère mystérieux et historique.