Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre de Gourdon, située dans le Lot en Occitanie, est un édifice gothique languedocien dont la construction s'échelonne entre 1304 et 1509. Elle remplace une ancienne église romane détruite à la fin du XIIIe siècle. Les travaux débutent en 1304, avec l'achèvement de la nef et de la tour sud en 1311, sous la supervision du maître-maçon Pierre Descamps, qui relève des défauts structurels dans les arceaux des chapelles. La tour nord est terminée en 1335, mais la guerre de Cent Ans (à partir de 1339) interrompt les travaux, laissant la façade inachevée.
La construction reprend en 1490 avec l'achèvement de la tour sud par le maître-maçon Jean Daniel, suivi de la réalisation du grand portail en 1509. L'église subit d'importants dégâts en 1562 lors de l'invasion des troupes protestantes du capitaine Duras. Un conflit entre le chapitre de l'église Notre-Dame de l'Assomption du Vigan et le recteur de Saint-Pierre retarde sa restauration, jugée urgente en 1591. Les mâchicoulis au-dessus de la porte d'entrée pourraient dater de cette période. Les réparations débutent finalement en 1608.
Classée dès 1841 puis régulièrement en 1906, l'église Saint-Pierre illustre l'architecture gothique dépouillée du Languedoc. Sa nef de 41 mètres, flanquée de deux tours de 35 mètres, domine la butte de Gourdon. Le mobilier inclut un orgue de 1887 dans un buffet baroque de 1780, un retable du XVIIe siècle, et des bas-reliefs des sculpteurs Tournié. Les vitraux, partiellement médiévaux, et un cadran solaire du XIVe siècle complètent son patrimoine.
L'édifice présente un vaisseau unique en petit appareil, initialement voûté en berceau, remplacé par une charpente après un effondrement. Le chevet carré, surmonté d'un clocher aux baies en tiers-point, et le massif occidental à deux tours rappellent la cathédrale de Cahors. Le plan asymétrique, avec des chapelles moins profondes au sud, et le portail occidental surmonté d'une rosace désaxée, témoignent des campagnes de construction étalées sur deux siècles.
Fondée au XIIe siècle et mentionnée en 1143 comme possession de l'abbaye du Vigan, l'église est reconstruite à partir de 1303 grâce à un impôt local. Pierre Deschamps, peut-être lié à Jean Deschamps (maître d'œuvre de la cathédrale de Clermont), intervient en 1311 pour expertiser les voûtes. Les archives manquantes limitent les connaissances sur son histoire médiévale centrale, mais son rôle paroissial et sa dépendance à l'évêque de Cahors sont attestés.
L'église, propriété communale depuis sa classification en 1906, abrite un mobilier classé, dont un antependium des Tournié et un bénitier du XVIIe siècle. Les réparations des vitraux en 1610 par Olivier Rey, verrier local, et la réinstallation de l'orgue en 1987 soulignent son entretien continu. Malgré les conflits religieux et les dégâts subis, elle reste un exemple préservé de l'architecture religieuse médiévale et moderne en Quercy.