Frise chronologique
XIIe siècle (première moitié)
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
XIIe siècle (première moitié) (≈ 1250)
Base du clocher et nef initiale.
vers 1500
Reconstruction du chœur-halle
Reconstruction du chœur-halle
vers 1500 (≈ 1500)
Style gothique flamboyant après la Guerre de Cent Ans.
1541
Date sur les vitraux
Date sur les vitraux
1541 (≈ 1541)
Fragments de vitraux classés conservés.
1794
Martyre des Carmélites de Compiègne
Martyre des Carmélites de Compiègne
1794 (≈ 1794)
Retables liés à leur mémoire.
7 avril 1921
Classement monument historique
Classement monument historique
7 avril 1921 (≈ 1921)
Protection de l'édifice par l'État.
1996
Affiliation paroissiale
Affiliation paroissiale
1996 (≈ 1996)
Rattachement à Compiègne-sud.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 7 avril 1921
Personnages clés
| Abbé de l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne - Collateur de la cure |
Patron de la paroisse sous l’Ancien Régime. |
| Louis Graves - Historien local (XIXe siècle) |
A décrit l’église et ses origines. |
| Seize Carmélites de Compiègne - Martyrs de 1794 |
Patronnes de la paroisse, liées aux retables. |
| François Callais et Philippe Bonnet-Laborderie - Historiens contemporains |
Auteurs d’une étude sur l’église (2005). |
| Louis XV et Marie Leszczynska - Bienfaiteurs du Carmel |
Donateurs potentiels des retables. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Jaux, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice composite alliant des éléments romans du XIIe siècle et une reconstruction gothique flamboyante à partir du XVIe siècle. Le clocher roman, daté de la première moitié du XIIe siècle, domine une nef inachevée et un chœur-halle de trois fois trois travées, voûtées à la même hauteur. Ce chœur, d’une grande pureté architecturale, remplace un transept et une abside médiévaux détruits, probablement à la suite des ravages de la Guerre de Cent Ans. Les vitraux, datés de 1541, et les fragments conservés témoignent de la richesse artistique de l’époque.
La nef, bien que prévue pour être voûtée, est restée inachevée, avec des murs latéraux quasi aveugles et un plafond plat provisoire. Le clocher, partiellement mutilé, a été préservé grâce à une reprise en sous-œuvre audacieuse au XVIe siècle, intégrant des piles tréflées caractéristiques. L’église abrite un mobilier remarquable, dont une poutre de gloire du XVIe siècle, classée monument historique, représentant le Christ en croix entouré des Douze Apôtres. Les retables, provenant du Carmel de Compiègne, rappellent le martyre des seize Carmélites guillotinées en 1794, patronnes de la paroisse.
Classée monument historique en 1921, l’église Saint-Pierre de Jaux est un témoignage des évolutions architecturales et historiques de la région. Son chœur-halle, rare dans la région, et ses vitraux partiellement conservés en font un lieu de patrimoine majeur. La fontaine dédiée à saint Pierre, située à proximité, évoque une possible christianisation d’un site païen, ajoutant une dimension symbolique à ce monument.
Sous l’Ancien Régime, la paroisse de Jaux dépendait du diocèse de Beauvais et était sous le patronage de l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne. La reconstruction du chœur au XVIe siècle marque une période de renouveau après les destructions médiévales. Aujourd’hui, l’église, bien que n’étant plus une paroisse indépendante, reste un lieu de mémoire et de culte, affilié à la paroisse des Seize bienheureuses Carmélites de Compiègne.
L’extérieur de l’édifice révèle une façade sobre, avec des contreforts romans et un clocher aux baies géminées partiellement conservées. Les parties flamboyantes, en pierre de taille, contrastent avec la rusticité des murs de la nef. Les toitures perpendiculaires des collatéraux et le chevet plat, typiques des chœurs-halles, soulignent l’unité architecturale de cette partie de l’église. Les vitraux classés, bien que fragmentaires, offrent un aperçu de l’art verrier de la Renaissance, avec des représentations de saints et d’anges.
Le mobilier intérieur, incluant des statues, une chaire à prêcher du XVIIe siècle et des retables baroques, enrichit la valeur historique de l’édifice. La poutre de gloire, avec ses sculptures représentant la Cène et la Crucifixion, est un chef-d’œuvre de la sculpture religieuse. Les retables, issus du Carmel de Compiègne, illustrent les liens entre l’église et l’histoire religieuse locale, notamment le martyre des Carmélites pendant la Révolution française.