Frise chronologique
1111
Donation à Cluny
Donation à Cluny
1111 (≈ 1111)
L'évêque de Viviers donne l'église à Cluny.
1617
Église collégiale
Église collégiale
1617 (≈ 1617)
Passage sous gestion des Oratoriens.
1620
Financement duchesse de Joyeuse
Financement duchesse de Joyeuse
1620 (≈ 1620)
Libération de la tutelle de Rosières.
1669–1676
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
1669–1676 (≈ 1673)
Nef et clocher refaits par Fressinaud.
1842
Restructuration curé Mathon
Restructuration curé Mathon
1842 (≈ 1842)
Ajout chapelle Saint-François-Régis et décoration.
1912
Nouveau clocher
Nouveau clocher
1912 (≈ 1912)
Remplacement structure révolutionnaire abattue.
1988
Classement monument historique
Classement monument historique
1988 (≈ 1988)
Inscription officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AH 262) : inscription par arrêté du 19 avril 1988
Personnages clés
| François Fressinaud - Supérieur curé et architecte |
Dirigea la reconstruction de 1669–1676. |
| Curé Mathon - Restaurateur du XIXe siècle |
Finança et modifia l'église en 1842. |
| Guillaume V de Joyeuse - Évêque d’Aleth et fondateur |
Inhumé dans la chapelle ducale (décédé en 1540). |
| Guillaume VI de Joyeuse - Duc et évêque d’Alet |
Enterré dans la chapelle (décédé en 1592). |
| Reine Marie-Amélie - Donatrice de la pietà |
Offrit l'œuvre en 1842 après un deuil. |
| Félix Gabriel Tardy de Montravel - Officier des zouaves pontificaux |
Commemoré dans la chapelle Saint-Louis. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Joyeuse, située dans le département de l'Ardèche, trouve ses origines au XIIIe siècle. Initialement annexe du prieuré de Rosières, elle fut donnée en 1111 par l’évêque de Viviers aux moines de Cluny. Ce lien avec Rosières, dépendant elle-même du prieuré de Ruoms, dura jusqu’en 1617, date à laquelle l’édifice devint une église collégiale sous la gestion des Oratoriens. La duchesse de Joyeuse, princesse de Guise, joua un rôle clé en 1620 en finançant sa libération de la tutelle de Rosières.
La reconstruction majeure de l’église eut lieu au XVIIe siècle, marquée par la date de 1676 gravée sur sa façade. Les travaux, ralentis par une épidémie de peste en 1629, furent dirigés par le père François Fressinaud, supérieur curé et architecte. Il conserva la chapelle ducale (dite de Son Altesse) tout en reconstruisant la nef, le chœur, les chapelles latérales et le clocher. Les fonds manquants retardèrent l’achèvement complet du projet, notamment une chapelle symétrique à celle de la duchesse, réalisée seulement 150 ans plus tard.
L’église fut restructurée en 1842 par le curé Mathon, qui modifia la hauteur de la nef, fit combler les caveaux et transférer les restes des Oratoriens au cimetière du Freyssinnet. Il ajouta la chapelle Saint-François-Régis et confia la décoration à un peintre italien, Molinari. Parmi les éléments notables, on trouve un tableau attribué à Simon Vouet dans la chapelle Saint-Louis, une pietà offerte en 1842 par la reine Marie-Amélie, et un autel en marbre rose du XVIIIe siècle, originaire de l’abbaye des Chambons.
La chapelle ducale, de style gothique flamboyant, abrite les tombes de Guillaume V de Joyeuse (évêque d’Aleth, décédé en 1540) et de son successeur Guillaume VI (duc de Joyeuse, décédé en 1592). Le clocher actuel, érigé en 1912, remplace une structure abattue pendant la Révolution. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1988, illustre la persistance des techniques gothiques au XVIIe siècle, mêlées à des influences classiques.
L’église actuelle se compose de trois périodes architecturales : le chœur et les chapelles gauches (XIVe–XVe siècles), la nef et les chapelles droites (1676), et la chapelle Saint-Régis (XIXe siècle). Son décor, initialement sulpicien (vers 1840), fut restauré sobrement vers 1965. L’association locale veille aujourd’hui à son entretien, perpétuant son rôle central dans le patrimoine religieux et historique de Joyeuse.