Frise chronologique
Début XIIe siècle
Construction de l'abside romane
Construction de l'abside romane
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four.
Fin XIIe – début XIIIe siècle
Voûtement de la nef
Voûtement de la nef
Fin XIIe – début XIIIe siècle (≈ 1325)
Travées gothiques voûtées d’arêtes ajoutées.
XVe siècle
Ajout de la chapelle latérale
Ajout de la chapelle latérale
XVe siècle (≈ 1550)
Chapelle dédiée à la Vierge, style gothique tardif.
XVIe siècle
Fortification de l’église
Fortification de l’église
XVIe siècle (≈ 1650)
Échauguette ajoutée pendant les guerres de Religion.
1836
Percement de la porte ouest
Percement de la porte ouest
1836 (≈ 1836)
Modification de la façade pendant des travaux.
14 mars 1923
Classement Monument historique
Classement Monument historique
14 mars 1923 (≈ 1923)
Protection officielle de l’édifice par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 14 mars 1923
Personnages clés
| Saint Jean - Figure biblique représentée |
Visionnaire de l’Apocalypse sculpté sur le tympan. |
| Léo Drouyn - Historien et archéologue |
A étudié l’église en 1849 (Bulletin monumental). |
| Jacques Lacoste - Chercheur en archéologie |
A publié une étude en 1990 (Congrès archéologique). |
| Peintre bordelais anonyme - Auteur du tableau de la Crucifixion |
Œuvre datée de 1622, offerte en 1642. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de La Lande-de-Fronsac, située en Gironde (Nouvelle-Aquitaine), est un édifice religieux dont les origines remontent au XIe siècle, bien que ses parties les plus anciennes datent du début du XIIe siècle. Elle dépendait autrefois de l’abbaye de Guîtres. Son architecture mêle des éléments romans (abside, chœur, clocher) et gothiques (nef), reflétant des campagnes de construction étalées entre les XIIe et XVe siècles. L’abside semi-circulaire, voûtée en cul-de-four, et le chœur à deux travées voûtées en berceau plein-cintre sont caractéristiques de la période romane, tandis que la nef, voûtée d’arêtes, relève du gothique primitif. Une chapelle latérale dédiée à la Vierge, ajoutée à la fin du XVe siècle, et une sacristie du XVIIIe siècle complètent l’ensemble.
Le portail méridional, chef-d’œuvre de la sculpture romane (1110–1130), se distingue par son tympan représentant une scène rare de l’Apocalypse (première vision de saint Jean à Patmos), entourée de quatre archivoltes richement ornées d’entrelacs, de figures humaines et d’animaux symboliques. Ce tympan, unique en son genre, contraste avec les représentations plus courantes de la seconde vision apocalyptique trouvées ailleurs, comme à Moissac ou Beaulieu-sur-Dordogne. À l’intérieur, les chapiteaux sculptés de feuillages, de têtes et de lions, ainsi que les modillons du chevet (XIIe siècle), illustrent un bestiaire roman typique, bien que moins expressif que dans d’autres régions.
L’église a subi des modifications défensives au XVIe siècle pendant les guerres de Religion, comme en témoigne une échauguette à l’angle sud-ouest de la nef. Au XIXe siècle, des restaurations ont remanié les voûtes du chœur et de la nef, ouvert de nouvelles fenêtres dans l’abside, et réparé le clocher. Une porte a été percée dans la façade ouest en 1836. Classée Monument historique en 1923, l’église abrite également un tableau de la Crucifixion (1622), offert en 1642, reflétant l’art contre-réformiste bordelais. À l’extérieur, une croix de cimetière (XVe–XIXe siècles) et des cadrans canoniaux gravés sur un contrefort rappellent son rôle central dans la vie liturgique et communautaire.
Le chevet, à neuf pans, est rythmé par des colonnes et des baies étroites surmontées d’archivoltes en plein-cintre. Les 25 modillons de la corniche, dont 17 sculptés, mêlent motifs géométriques (billettes, étoiles) et figures humaines ou diaboliques, typiques de la seconde moitié du XIIe siècle. Ces éléments, bien que moins dramatiques que ceux des églises romanes plus anciennes, soulignent la transition vers un art plus stylisé. L’ensemble, marqué par des influences saintongeaises, témoigne des échanges artistiques en Aquitaine médiévale.
Les sources historiques, comme les travaux de Léo Drouyn (1849) ou Jacques Lacoste (1990), soulignent l’importance architecturale et iconographique de l’édifice. Son classement en 1923 a permis la préservation de ce patrimoine, où se croisent histoire religieuse, art roman et adaptations défensives, illustrant près de neuf siècles d’évolution dans un territoire marqué par les conflits et les reconstructions.