Frise chronologique
1203
Paréage avec Raymond VI
Paréage avec Raymond VI
1203 (≈ 1203)
Cession moitié fief au comte de Toulouse
1205
Octroi des coutumes d’Agen
Octroi des coutumes d’Agen
1205 (≈ 1205)
Droits urbains accordés par Raymond VI
Fin XIIe siècle
Construction du sanctuaire
Construction du sanctuaire
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Datation par analyse stylistique (Georges Tholin)
1351
Rattachement à Saint-Caprais
Rattachement à Saint-Caprais
1351 (≈ 1351)
Prieuré ruiné réuni à la mense capitulaire
1589
Siège de l’église-fort
Siège de l’église-fort
1589 (≈ 1589)
Attaque par la Ligue catholique
21 mai 1957
Classement des chapiteaux
Classement des chapiteaux
21 mai 1957 (≈ 1957)
Protection des quatre chapiteaux romans
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les quatre chapiteaux romans situés à la retombée des arcs des deux absidioles (cad. A3 628) : inscription par arrêté du 21 mai 1957
Personnages clés
| Saint Hugues de Cluny - Abbé de Cluny |
Envoya Bernard en Espagne (1085) |
| Bernard de Cluny - Moine et archevêque |
Originaire de La Sauvetat, archevêque de Tolède |
| Raymond VI de Toulouse - Comte de Toulouse |
Coseigneur en 1203, construisit les remparts |
| Clément V - Futur pape |
Séjourna à La Sauvetat en 1304 |
| Georges Tholin - Historien de l’art |
Data l’église de la fin XIIe |
| Pierre Dubourg-Noves - Archéologue |
Étudia l’identification du site |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de La Sauvetat-de-Savères, située dans le département de Lot-et-Garonne, remonte aux XIIe et XIIIe siècles. Son histoire est marquée par des lacunes archivistiques dues aux guerres successives, notamment la destruction des archives du prieuré. Selon l’abbé Barrère, le moine Bernard, originaire du château voisin de La Sauvetat, fut envoyé en Espagne par saint Hugues de Cluny pour réformer les abbayes avant de devenir archevêque de Tolède en 1085. L’identification précise de ce château (La Sauvetat-de-Savères ou La Sauvetat près de Fleurance) reste débattue.
Le village fut fondé par le chapitre de la collégiale Saint-Caprais d’Agen, qui y établit un prieuré non conventuel dont la date exacte de fondation est inconnue. Georges Tholin, par analyse stylistique, situe la construction du sanctuaire à la fin du XIIe siècle. Le site bénéficiait du droit d’asile, attirant une population autour de l’église. En 1203, craignant la tutelle de l’évêque d’Agen, le chapitre céda la moitié du fief au comte Raymond VI de Toulouse, qui y construisit des remparts (aujourd’hui disparus) et octroya au village les coutumes d’Agen en 1205.
La Sauvetat-de-Savères devint un enjeu stratégique pendant la guerre de Cent Ans, passant alternativement sous domination française et anglaise. En 1304, le futur pape Clément V y séjournait, et en 1315, le roi Édouard II d’Angleterre correspondait avec le prieur local. Les conflits ruinèrent le prieuré, réuni en 1351 à la mense capitulaire de Saint-Caprais. L’église, transformée en fort pendant les troubles religieux du XVIe siècle, servit de refuge lors des attaques, comme en 1589 contre les troupes de la Ligue. Son clocher roman et ses fossés en firent un point défensif clé.
Au XVIIe siècle, après la Fronde, les fossés furent comblés et le ravelin converti en cimetière. La Révolution française marqua un nouveau tournant : en 1793, une cloche fut enlevée pour être fondue, et l’église fut profanée au nom de la déesse Raison. Restaurée au XIXe siècle, elle reçut une façade néogothique surmontée d’une flèche. Seuls quatre chapiteaux romans des absidioles, classés en 1957, subsistent comme témoignages de son passé médiéval.
Architecturalement, l’église se caractérise par un plan à nef unique prolongée d’un chœur en abside flanqué de deux absidioles, formant un transept. Longue de 31,50 mètres et large de 14 mètres dans le transept, elle partage ce modèle tréflé avec d’autres églises de Lot-et-Garonne, comme Sainte-Marie d’Aubiac ou Saint-Pierre del Pech. Les guerres successives ont cependant mutilé sa partie orientale, arasée sous les chapiteaux du chœur.