Frise chronologique
1914-1918
Destruction du village et de l'ancienne église
Destruction du village et de l'ancienne église
1914-1918 (≈ 1916)
Conséquence de la Première Guerre mondiale.
1929-1931
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
1929-1931 (≈ 1930)
Dirigée par Godefroy Teisseire en béton armé.
Années 1950
Première restauration du clocher
Première restauration du clocher
Années 1950 (≈ 1950)
Réparation des dégâts liés aux chocs thermiques.
4 novembre 1994
Inscription comme monument historique (annulée)
Inscription comme monument historique (annulée)
4 novembre 1994 (≈ 1994)
Protection initiale non maintenue.
27 octobre 2005
Classement définitif comme monument historique
Classement définitif comme monument historique
27 octobre 2005 (≈ 2005)
Protection de l'édifice en totalité.
2013
Restauration de la flèche et du clocher
Restauration de la flèche et du clocher
2013 (≈ 2013)
Travaux ciblés sur les éléments supérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. A 217) : classement par arrêté du 27 octobre 2005
Personnages clés
| Godefroy Teisseire - Architecte |
Concepteur de l'église, figure de l'Art déco. |
| Dominique Aldighieri - Peintre d'origine italienne |
Auteur des peintures et sgraffites intérieurs. |
| Jacques Gruber - Peintre-verrier |
Créateur des vitraux, lié à l'École de Nancy. |
| Georges Legrand - Sculpteur |
Auteur du grand Christ en sgraffite. |
| Atelier Cantrel - Ferronnier |
Réalisateur des ferronneries (Rosières-en-Santerre). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Lamotte-Warfusée a été construite entre 1929 et 1931 pour remplacer l'ancienne église du XIXe siècle, détruite pendant la Première Guerre mondiale. Le village de Lamotte-en-Santerre, rasé durant le conflit, fut entièrement reconstruit dans l'entre-deux-guerres. Ce projet ambitieux confia la reconstruction de l'église à l'architecte Godefroy Teisseire, figure majeure de l'Art déco en France, qui collabora avec des artistes renommés pour créer un édifice novateur, tant par sa structure en béton armé que par sa décoration intérieure.
La flèche ajourée de 54 mètres, caractéristique de l'édifice, domine le paysage local. Les murs en brique et la charpente en béton armé illustrent les avancées techniques de l'époque, tandis que le plan en croix grecque rompt avec les traditions architecturales antérieures. À l'extérieur, le grand Christ en sgraffite de la façade, réalisé par le sculpteur amiénois Georges Legrand, marque l'entrée du lieu. L'intérieur, orné de peintures ocre et de sgraffites par Dominique Aldighieri, ainsi que de vitraux conçus par Jacques Gruber, témoigne d'une volonté artistique affirmée, mêlant influences italiennes et savoir-faire locaux.
Classée monument historique en 2005 après une première inscription annulée en 1994, l'église a subi plusieurs campagnes de restauration, notamment dans les années 1950 pour stabiliser le clocher et en 2013 pour la flèche. Malgré ces efforts, l'état de dégradation du béton et des fresques intérieures reste préoccupant en 2020, reflétant les défis de conservation posés par les matériaux de l'entre-deux-guerres. L'édifice, propriété de la commune, incarne à la fois la résilience post-conflit et l'audace créatrice d'une époque de reconstruction.
Les dimensions imposantes (30 m de longueur, 19 m de largeur) et la hauteur de 54 m soulignent l'ambition du projet. Les ferronneries, signées par l'atelier Cantrel de Rosières-en-Santerre, et les vitraux exécutés par les ateliers amiénois de Daniel Darquier et Georges Tembouret, complètent cet ensemble cohérent. Une statue en bois peint du XIXe siècle, classée à titre d'objet, rappelle le patrimoine antérieur au conflit. L'église s'inscrit ainsi dans un réseau de reconstructions picardes, étudié pour son approche à la fois technique, artistique et mémorielle.
Les sources disponibles, incluant Wikipedia et Monumentum, mettent en lumière le rôle clé de Teisseire, qui supervisa également les églises d'Hangest-en-Santerre et de Chaulnes. Les vitraux de Gruber, artiste lié à l'École de Nancy, et les peintures d'Aldighieri, d'origine italienne, illustrent la diversité des influences ayant façonné ce monument. Malgré les dégradations actuelles, l'église reste un témoignage majeur de la Première Reconstruction, période où l'innovation servit à la fois la foi et la mémoire collective.