Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre de Lasson, située dans le Calvados en Normandie, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIVe siècle. Son architecture modeste de campagne, sans transept, révèle des traces préromanes comme un mur en opus spicatum (arêtes de poisson) côté nord, tandis que le chœur, largement remanié, et la nef portent les marques de multiples transformations au fil des siècles. La tour-clocher, adossée au mur sud, fut construite au début du XVIe siècle par l'abbé Gilles Chapelle, comme en témoigne une épitaphe gravée à l'intérieur.
La tour a subi des dommages majeurs en 1980, lorsque la foudre détruisit sa flèche, reconstruite par la suite dans un style moins élégant. Entre 1999 et 2001, des fouilles financées par un donateur local ont mis au jour des sépultures sous le dallage, une litre funéraire de la famille de Croismare (seigneurs du lieu), et une statue polychrome de saint Pierre du XVe siècle, classée monument historique en 2000. Cette statue, enterrée probablement lors des guerres de Religion ou de la Révolution, est aujourd’hui exposée dans la tour.
Le clocher, seul élément protégé depuis 1927, abrite une chaire en pierre du XVIe siècle similaire à celles des églises voisines. Les vitraux, majoritairement modernes (XXe siècle), illustrent des figures saintes comme le curé d’Ars ou saint Jean Eudes. Les travaux récents ont aussi révélé des modifications structurelles, comme l’obstruction d’une porte nord après un agrandissement vers l’ouest pour accueillir une tribune. L’édifice, propriété communale, reste un témoignage des évolutions architecturales et cultuelles de la Normandie rurale.
Parmi les découvertes notables, une vierge à l’Enfant du XVIIe siècle, initialement placée près de l’if extérieur, a été déplacée dans la nef. Les vitraux du chœur, restaurés lors des rénovations, datent de 1947 et de l’entre-deux-guerres, tandis qu’un vitrail de 2002 représente saint Pierre recevant les clés du Christ. Ces éléments reflètent à la fois la piété locale et les adaptations successives de l’édifice aux besoins liturgiques et communautaires.