Frise chronologique
1120
Construction initiale
Construction initiale
1120 (≈ 1120)
Édification de l'église romane.
1152
Rattachement à l'Angleterre
Rattachement à l'Angleterre
1152 (≈ 1152)
Mariage d'Aliénor d'Aquitaine et Henri Plantagenêt.
XIVe siècle
Fortification anglaise
Fortification anglaise
XIVe siècle (≈ 1450)
Surélévation et ajout du donjon.
1453
Fin de la Guerre de Cent Ans
Fin de la Guerre de Cent Ans
1453 (≈ 1453)
L'Aquitaine redevient française.
1569
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
1569 (≈ 1569)
Attaque par les protestants de Montgomery.
28 septembre 1970
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
28 septembre 1970 (≈ 1970)
Inscription officielle à l'inventaire.
1990
Restauration intérieure
Restauration intérieure
1990 (≈ 1990)
Travaux sur le maître-autel et la nef.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AB 503) : inscription par arrêté du 28 septembre 1970
Personnages clés
| Aliénor d'Aquitaine - Duchesse d'Aquitaine |
Son mariage (1152) rattache la région à l'Angleterre. |
| Henri Plantagenêt (Henri II d'Angleterre) - Roi d'Angleterre |
Époux d'Aliénor, responsable du rattachement. |
| Montgomery - Chef protestant |
Incendie l'église en 1569. |
| Yves Bruand - Historien de l'art |
A étudié l'église (1960). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Lesgor, construite au XIIe siècle (vers 1120), est un édifice catholique situé dans les Landes, en Nouvelle-Aquitaine. Son architecture massive, marquée par un donjon et des murailles surélevées, reflète son double usage : lieu de culte et bastille défensive. La région, devenue anglaise en 1152 après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt, fut un enjeu stratégique pendant la Guerre de Cent Ans (à partir de 1337). Les Anglais renforcèrent alors l’église, transformant sa tour en donjon et ajoutant des archères et un chemin de ronde pour résister aux assiégeants.
Au XIVe siècle, l’église fut rehaussée en garluche (pierre locale), comme en attestent les différences de couleur sur la tour. La porte ogivale, protégée par une bretèche, et les contreforts romans épaulant la nef illustrent les adaptations militaires. En 1453, la fin de la Guerre de Cent Ans rendit l’Aquitaine à la France, mettant fin à son rôle défensif actif. Cependant, l’église subit encore des attaques, comme en 1569, lorsqu’elle fut brûlée par les protestants de Montgomery pendant les guerres de Religion.
L’intérieur, restauré en 1990, conserve un maître-autel en marbre blanc des Pyrénées et des traces d’un souterrain d’évacuation creusé derrière l’autel. Les vitraux, dont un du début du XXe siècle signé Bergès (Toulouse), représentent saint Pierre, patron de Lesgor. Classée Monument Historique en 1970, l’église se visite sur rendez-vous, offrant un témoignage rare des églises fortifiées landaises.
Son chevet semi-circulaire, éclairé par deux fenêtres, et ses modillons érodés rappellent son origine romane. Le mur nord, percés de meurtrières et d’archères canonnières, ainsi que le judas de la porte intérieure, soulignent son système défensif. La porte actuelle (2018) remplace un modèle de 1730, aujourd’hui conservé à l’étage près des cloches. L’ensemble, propriété communale, est un exemple unique dans les Landes d’architecture religieuse à vocation militaire.
Les sources historiques, comme les travaux d’Yves Bruand (1960) ou les archives départementales, confirment son statut de forteresse ecclésiastique. La surélévation du XIVe siècle, avec son chemin de ronde à archères, et la transformation du clocher en donjon, en font un monument emblématique des tensions médiévales entre Anglais et Français en Gascogne.