Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Nef et abside romanes érigées.
XVe siècle
Ajout de la tour
Ajout de la tour
XVe siècle (≈ 1550)
Éléments gothiques et rôle militaire.
XVIe siècle
Échauguette ajoutée
Échauguette ajoutée
XVIe siècle (≈ 1650)
Remplacement après destruction calviniste.
1860–1865
Orgue par Cavaillé-Coll
Orgue par Cavaillé-Coll
1860–1865 (≈ 1863)
Partie instrumentale classée depuis 1985.
1926
Démolition de l’échauguette
Démolition de l’échauguette
1926 (≈ 1926)
Remplacée par un toit controversé.
9 octobre 1970
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 octobre 1970 (≈ 1970)
Protection de l’édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. D 158) : inscription par arrêté du 9 octobre 1970
Personnages clés
| M. Campet - Antiquaire à Dax |
A décrit l’échauguette disparue en 1926. |
| Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues |
Reconstruit la partie instrumentale (1860–1865). |
| Micau Caular - Facteur d’orgue (Dax) |
Auteur du buffet du XVIIe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Montfort-en-Chalosse, située dans les Landes, combine des éléments architecturaux romans et gothiques. Construite au XIIIe siècle, elle conserve une nef et une abside romanes, érigées sur une colline en dehors du village. Ses bas-côtés, aux croisées d’ogives soutenues par des piliers en grès, reflètent l’influence gothique. La tour massive, ajoutée au XVe siècle, aurait joué un rôle militaire, avec une position stratégique et une architecture défensive.
Au XVIe siècle, une échauguette remarquable fut ajoutée pour remplacer la toiture détruite par les calvinistes. Décrite comme « unique dans la région » par l’antiquaire M. Campet, elle symbolisait aussi la prospérité de la bastide. Supprimée en 1926 sous prétexte d’instabilité, elle fut remplacée par un toit jugée disgraciieux. Le rez-de-chaussée de la tour fut voûté ultérieurement, tandis que des arcatures néo-romanes en plâtre, ornées de chapiteaux inspirés de ceux de Saint-Paul-lès-Dax, furent ajoutées au XIXe siècle autour du chevet.
L’intérieur abrite un retable néo-gothique et des vitraux représentant des figures religieuses, dont saint Pierre, patron de l’église. L’orgue, bien que son buffet date du XVIIe siècle, fut reconstruit par Cavaillé-Coll entre 1860 et 1865. Seul cette partie instrumentale est classée Monument Historique depuis 1985. Les chapiteaux romans, comme celui illustrant trois femmes en conflit, rappellent les sculptures médiévales régionales.
Classée Monument Historique en 1970, l’église illustre les transitions stylistiques entre roman et gothique, ainsi que les adaptations militaires et cultuelles au fil des siècles. Ses transformations, des guerres de Religion aux restaurations modernes, reflètent l’histoire mouvementée de la Chalosse landaise.
À l’extérieur, la toiture en tuiles canal, largement débordante, protège les murs de pierre, tandis que la tour, dépouillée de son échauguette, conserve une silhouette imposante. L’ensemble, marqué par des réaménagements continus, reste un lieu de sérénité et de mémoire locale.