Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre de Montluçon, fondée au XIIe siècle par les religieux de la collégiale Saint-Pierre-Saint-Paul d'Évaux-les-Bains, est confirmée comme bien monastique par une lettre du pape Adrien IV en 1158. Elle dépendait alors de l'archiprêtré d'Huriel et non de celui de Montluçon. Son plan s'inspire des églises romanes du Berry, avec des similitudes marquées avec l'église Notre-Dame d'Huriel, liée à l'abbaye de Déols. La nef, partiellement reconstruite 50 ans après sa fondation, et les piliers du clocher, renforcés au XIIIe siècle, témoignent d'une évolution architecturale continue.
Au XVe siècle, l'église subit d'importantes modifications : une chapelle dédiée à la Vierge est ajoutée côté nord, et les espaces entre l'abside et les absidioles, initialement délimités par des segments de cercle typiques du Berry, sont transformés en chapelles. La façade, remaniée à la fin de la période gothique, intègre trois baies trilobées en partie haute et deux fenêtres en plein cintre en partie basse, encadrant un portail refait en 1643. Ce dernier, orné de pilastres et d'un fronton triangulaire, porte la date gravée de sa reconstruction.
Le clocher, massif et de plan carré, conserve un premier étage roman orné de baies aveugles en plein cintre, encore visibles sur sa face est. Un étage supplémentaire, ajouté au XVIIe siècle ou au début du XIXe, supporte un toit en forme de cloche. À l'intérieur, la nef unique de 10 mètres de large, initialement couverte d'une charpente disparue, est surmontée depuis la fin du XVe siècle d'une charpente en berceau. La croisée du transept, plus étroite que la nef, supporte une coupole sur trompes, tandis que les bras du transept et le chœur sont voûtés en berceau.
Classée Monument historique en 1978, l'église abrite un mobilier remarquable, incluant une croix de carrefour du XIVe siècle, un retable du XVIIe siècle, et des statues des XVe et XXe siècles. Parmi elles, une Vierge de Pitié et une sainte Madeleine sculptée par Jean de Chartres, ainsi que des triptyques du peintre montluçonnais Maurice Vignier. Ces éléments reflètent son rôle central dans la vie religieuse et artistique de Montluçon, depuis le Moyen Âge jusqu'à l'époque moderne.
L'édifice, propriété de la commune, a fait l'objet de restaurations, notamment en 1913 et 1960, révélant des détails architecturaux comme un pilier cruciforme de la croisée du transept. Son histoire, liée à celle du prieuré-cure dépendant des Augustins d’Évaux, en fait un témoin majeur du patrimoine religieux bourbonnais, mêlant influences romanes, gothiques et classiques.