Frise chronologique
vers 1160
Construction de l'église
Construction de l'église
vers 1160 (≈ 1160)
Édifiée par Jacques de Guînes en style roman.
1494
Installation des cloches
Installation des cloches
1494 (≈ 1494)
Cloche « Jacqueline » épargnée par la Révolution.
XVIIe siècle
Remplacement du clocher
Remplacement du clocher
XVIIe siècle (≈ 1750)
Structure en bois remplace le clocher de pierre.
1795
Transfert de l'orgue
Transfert de l'orgue
1795 (≈ 1795)
Orgue Van Belle installé depuis Saint-Omer.
15 janvier 1929
Classement monument historique
Classement monument historique
15 janvier 1929 (≈ 1929)
Inscription de l'édifice à l'inventaire.
1956
Restauration majeure
Restauration majeure
1956 (≈ 1956)
Travaux dirigés par l’abbé Guerlet.
2019
Restauration récente
Restauration récente
2019 (≈ 2019)
Charpente du clocher et voûte lambrissée refaites.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 15 janvier 1929
Personnages clés
| Jacques de Guînes - Commanditaire et fondateur |
Fit édifier l’église vers 1160. |
| Guillaume Van Belle - Facteur d’orgue |
Conçut l’orgue en 1686 pour Saint-Omer. |
| Jean-François II Guilmant - Facteur d’orgue |
Remonta l’orgue à Nielles-lès-Ardres en 1795. |
| Abbé Guerlet - Curé initiateurs de travaux |
Dirigea la restauration de 1956. |
| Pierre Decourcelle - Restaurateur d’orgue |
Restaura le plan sonore en 2005. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Nielles-lès-Ardres fut construite vers 1160 par Jacques de Guînes, en remplacement d’un ancien lieu de culte nommé Vainquerque, situé plus au centre du village. Elle adopte un plan roman, avec une nef centrale, deux collatéraux et un chœur à chevet plat, bien que le transept ait aujourd’hui disparu. Orientée vers le nord-est en raison d’une erreur liée à la date de sa construction (proche de l’équinoxe), elle est bâtie en pierre blanche extraite des carrières locales du Mont de Guémy. Son sol d’origine, composé de dalles rouges, fut redécouvert lors de travaux modernes.
Au fil des siècles, l’église a subi plusieurs modifications : sa voûte romane en bois bleu étoilé fut masquée au XIXe siècle par une voûte néo-gothique en plâtre, et son clocher de pierre, jugé trop lourd, fut remplacé par une structure en bois au XVIIe siècle. Elle abrite des éléments patrimoniaux remarquables, comme des fonts baptismaux du XIIe siècle en pierre bleue de Tournai (classés en 1911), des peintures murales du chœur représentant la vie de saint Pierre (cachées par la voûte néo-gothique), et un Christ au tombeau roman découvert en 1956. L’orgue, construit en 1686 par Guillaume Van Belle pour une église de Saint-Omer, fut transféré à Nielles-lès-Ardres en 1795 et restauré au XXIe siècle.
Classée aux monuments historiques depuis 1929 pour son édifice et 1911/1995 pour ses objets mobiliers (orgue, fonts baptismaux, cloche « Jacqueline » de 1494), l’église fut restaurée en 1956 et récemment en 2019, avec la réfection de sa charpente et la restitution de la voûte lambrissée de l’avant-chœur. Elle reste un lieu de culte actif, rattaché à la paroisse Notre-Dame en Ardrésis, et témoigne de l’architecture religieuse médiévale et de son évolution à travers les époques.
Le cimetière entourant l’église conserve des traces historiques, comme un caveau d’attente et l’emplacement d’une ancienne « porte des seigneurs », liée à un souterrain menant probablement à la forteresse de la Montoire. Les vitraux, les contreforts gothiques du chœur et les 20 éléments patrimoniaux répertoriés (dont six classés) soulignent son importance culturelle. L’orgue, avec son buffet flamand sculpté et son tempérament mésotonique, est un joyau rare, tout comme la cloche « Jacqueline », épargnée par la Révolution.
L’histoire de l’église reflète aussi l’organisation religieuse locale : intégrée au doyenné du Calaisis, elle fait partie d’un réseau de neuf paroisses sous l’autorité du diocèse d’Arras. Les archives départementales du Pas-de-Calais conservent des documents sur sa restauration, notamment celle de l’orgue en 2005. Aujourd’hui, l’église Saint-Pierre allie patrimoine médiéval, transformations modernes et vie paroissiale active, incarnant près de neuf siècles d’histoire locale.