Frise chronologique
Fin Xe siècle (vers 993)
Première mention d'une église en bois
Première mention d'une église en bois
Fin Xe siècle (vers 993) (≈ 1095)
Charte de l'évêque Archambault de Sully.
Seconde moitié du XIe siècle
Construction de l'église en pierre
Construction de l'église en pierre
Seconde moitié du XIe siècle (≈ 1175)
Remplacement de l'édifice en bois.
XIIe siècle
Reconstruction du mur nord après incendie
Reconstruction du mur nord après incendie
XIIe siècle (≈ 1250)
Création d'une asymétrie architecturale.
1906
Crise des inventaires
Crise des inventaires
1906 (≈ 1906)
Barricade par le curé et les paroissiens.
Années 1920
Découverte de la fresque romane
Découverte de la fresque romane
Années 1920 (≈ 1920)
Christ en gloire du XIIe siècle.
1994
Inscription comme monument historique
Inscription comme monument historique
1994 (≈ 1994)
Protection de l'édifice (sauf abside).
1996
Classement de l'abside et restauration de la fresque
Classement de l'abside et restauration de la fresque
1996 (≈ 1996)
Travaux menés par Élisabeth Evangelisti.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, à l'exception de l'abside classée (cad. D 110) : inscription par arrêté du 15 avril 1994 - Abside (cad. D 110) : classement par arrêté du 18 juillet 1996
Personnages clés
| Archambault de Sully - Évêque de Tours (fin Xe siècle) |
Auteur de la charte mentionnant l'église primitive. |
| Abbé Métivier - Curé de Parçay-Meslay (début XXe siècle) |
Meneur de la résistance lors des inventaires de 1906. |
| Chanoine Vivien - Curé (années 1920) |
Découvreur de la fresque médiévale en 1923-1924. |
| Johannes Desvergnes - Peintre tourangeau (XVIIIe siècle) |
Auteur du tableau *La Multiplication des pains* (1744). |
| Louis-Joseph Yperman - Peintre des Monuments Historiques |
Restauration initiale de la fresque (années 1920). |
| Élisabeth Evangelisti - Restauratrice de peintures murales |
Restauration de la fresque en 1996-1997. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Parçay-Meslay, située dans le département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines à la fin du Xe siècle. Une première église en bois, mentionnée dans une charte de 993, est remplacée au XIe siècle par un édifice en pierre sous le vocable de Saint-Pierre, dépendant de l'abbaye de Marmoutier. Ce bâtiment roman, sobre et dépourvu de décors, se caractérise par une nef rectangulaire terminée par une abside semi-circulaire.
Au XIIe siècle, un incendie endommage le mur nord, entraînant sa reconstruction en avant des maçonneries d'origine, créant une asymétrie toujours visible. L'église traverse ensuite une période d'abandon entre le XIVe et le début du XVIe siècle, en raison de la peste noire et de la guerre de Cent Ans. Elle est restaurée au XVIe siècle grâce à l'intervention des moines de Marmoutier, des seigneurs locaux et des habitants, avec des modifications notables comme le réaménagement du mur nord et l'ajout d'une flèche près du chœur.
En 1906, l'église est au cœur de la crise des inventaires, lorsque le curé et les paroissiens barricadent l'édifice pour s'opposer au recensement des biens ecclésiastiques. Dans les années 1920, la découverte d'une fresque romane du XIIe siècle, représentant un Christ en gloire entouré des symboles des évangélistes, révèle un patrimoine artistique exceptionnel. Cette fresque, classée en 1928, ainsi que l'abside en 1996, font de l'église un monument historique protégé.
L'édifice subit des dommages pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la destruction partielle de vitraux en 1945, remplacés dans les années 1950. Les restaurations successives, notamment celles de la fresque en 1996-1997, et l'inscription de l'église comme monument historique en 1994, préservent son héritage. L'église reste un lieu de culte actif, intégré à la paroisse de Saint Martin - Saint Vincent en Vouvrillon, et un témoignage de l'architecture romane et de l'histoire religieuse tourangelle.
L'église abrite également un mobilier remarquable, dont des tableaux du XVIIIe siècle, comme La Multiplication des pains signé Johannes Desvergnes (1744), et des statues de saints en plâtre. Son plan simple, ses contreforts en éperon, et son abside ornée de baies en fer à cheval illustrent les caractéristiques des églises rurales romanes. La fresque du Christ en majesté, unique en son genre dans la région, et son lien avec les enluminures carolingiennes, soulignent l'importance artistique et historique du site.
La localisation de l'église, au cœur du bourg de Parçay-Meslay, entre la place de l'Église et la commanderie seigneuriale du XVe siècle, renforce son ancrage dans le patrimoine local. Son histoire reflète les tensions religieuses, les restaurations communautaires et la préservation d'un art médiéval rare, faisant d'elle un monument emblématique de la Touraine.