Frise chronologique
VIe-IXe siècle
Existence d’un monastère
Existence d’un monastère
VIe-IXe siècle (≈ 950)
Monastère dédié à saint Pierre, détruit par les Normands.
968 ou 975
Mention de l’abbaye
Mention de l’abbaye
968 ou 975 (≈ 975)
Abbaye fondée avant l’église actuelle.
991-1000
Donation à Marmoutier
Donation à Marmoutier
991-1000 (≈ 996)
Archambault de Sully cède Saint-Pierre à Marmoutier.
1130-1150
Construction de l’église
Construction de l’église
1130-1150 (≈ 1140)
Édifice roman bâti près du monastère.
1154
Première mention pontificale
Première mention pontificale
1154 (≈ 1154)
Bulle du pape Adrien IV citant l’église.
XVe siècle
Modification du portail
Modification du portail
XVe siècle (≈ 1550)
Réduction de l’accès et ajout d’un tympan.
XVIe siècle
Transformation du clocher
Transformation du clocher
XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout d’un beffroi et remaniement du transept.
1674
Fin de la dépendance à Méobecq
Fin de la dépendance à Méobecq
1674 (≈ 1674)
Union avec l’évêché de Québec.
1695
Démolition du bras nord
Démolition du bras nord
1695 (≈ 1695)
Construction d’une chapelle (non confirmée).
1747
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1747 (≈ 1747)
Incendie puis reconstruction datée par inscription.
1868
Restauration par Guérin
Restauration par Guérin
1868 (≈ 1868)
Absidioles et voûtes du transept refaites.
25 mars 1930
Classement monument historique
Classement monument historique
25 mars 1930 (≈ 1930)
Protection officielle de l’édifice.
1991
Restauration du portail
Restauration du portail
1991 (≈ 1991)
Travaux sur la façade occidentale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 25 mars 1930
Personnages clés
| Archambault de Sully - Archevêque de Tours (991-1000) |
Donne l’église à Marmoutier vers 991-1000. |
| Gustave Guérin - Architecte diocésain |
Restaure absidioles et transept en 1868. |
| Adrien IV - Pape (1154-1159) |
Cite l’église dans une bulle de 1154. |
| Alexandre III - Pape (1159-1181) |
Confirme les possessions de Méobecq en 1174. |
| François de Montmorency-Laval - Ancien abbé de Méobecq |
Ordonne l’union avec Québec en 1674. |
| Casimir Chevalier - Historien (XIXe siècle) |
Décrit le portail comme exceptionnel (1867). |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Parçay-sur-Vienne, édifiée au XIIe siècle dans un style roman, s’élève sur les vestiges d’un monastère attesté dès le VIe-IXe siècle, puis d’une abbaye mentionnée en 968 ou 975, possiblement détruite par les Normands. Donnée à l’abbaye de Marmoutier par Archambault de Sully (archevêque de Tours) vers 991-1000, elle devient une dépendance de l’abbaye de Méobecq jusqu’en 1674, date de son rattachement à l’évêché de Québec. Le portail occidental, orné de sculptures symboliques (aigle de saint Jean, taureau de saint Luc) et de 33 têtes barbus « grotesques », est considéré comme l’un des plus remarquables de Touraine.
Au XVe siècle, le portail est modifié : son accès est réduit et surmonté d’un tympan. Le XVIe siècle voit la transformation du clocher, adjoint d’un beffroi, et le remaniement de la croisée du transept. En 1695, le mur et la voûte du bras nord sont démolis pour prolonger l’église d’une chapelle. Après un incendie du clocher au XVIIIe siècle, celui-ci est reconstruit en 1747, comme l’atteste l’inscription « AD MAIOREM DEI GLORIAM AN. 1747 » gravée sur sa voûte.
Classée monument historique en 1930, l’église subit trois campagnes de restauration au XIXe siècle, dont la première (1868) est menée par l’architecte Gustave Guérin, qui restaure les absidioles et voûte les bras du transept. En 1892, la sacristie est entièrement reconstruite, obstruant une baie de l’absidiole sud. Une chaire est ajoutée en 1893, et le portail occidental est restauré en 1991. L’édifice, propriété de la commune, conserve un mobilier remarquable, dont deux Christ en croix (XVIe et XVIIIe siècles) et une armoire en chêne du XVIIIe siècle.
Architecturalement, l’église adopte un plan en croix latine orienté est-ouest, avec une nef unique initialement prévue pour être voûtée (colonnes engagées sans chapiteaux) mais finalement charpentée. Le chœur, à deux travées, est éclairé par cinq baies en plein cintre. Les bras du transept, voûtés en berceau de brique, contrastent avec la nef et le chœur couverts de fausses voûtes lambrissées. Le clocher, rectangulaire et coiffé d’un toit en pavillon, domine la croisée du transept.
Le portail occidental (XIIe siècle) est un chef-d’œuvre sculptural : trois archivoltes reposent sur des colonnettes aux chapiteaux historiés (sirène, Samson chevauchant un lion), tandis que la voussure centrale alterne têtes barbus, rinceaux et motifs végétaux. Au-dessus, un appareil en écailles de poisson souligné par un larmier à modillons précède un pignon percé d’une baie cintrée. Casimir Chevalier (1867) le qualifie de « premier rang des œuvres du même genre en Touraine ».