Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre, église catholique de Plougasnou (Finistère), est formée de deux nefs accolées, auxquelles s'ouvrent des chapelles. Dès le XIe siècle, une église romane occupait vraisemblablement le site : en 1040 la comtesse Berthe donna la paroisse à l'abbaye Saint-Georges de Rennes, donation renouvelée en 1062, et des vestiges romans subsistent encore. L'édifice, classé au titre des monuments historiques en 1914, est en grande partie reconstruit à partir du XVe siècle et porte la marque d'une importante campagne de travaux au XVIe siècle. Le clocher, élevé de 1582 à 1584 par Jean Le Taillander, est surmonté d'une flèche octogonale haute de 45 mètres, entourée d'un balustre, de clochetons d'angle et d'une tourelle d'escalier octogonale au coin sud-est. Le portail occidental, daté « 1616 », est surmonté de trois clochetons à dôme et une niche du fronton abrite une statue de saint Pierre ; la baie sud-ouest, contemporaine, rappelle l'ornementation du château de Kerjean. L'église présente un plan composite et irrégulier : les lambris intérieurs, avec entraits apparents, sont peints en bleu et piquetés d'étoiles d'or. La nef, flanquée de bas-côtés, compte quatre travées au nord et cinq au sud, d'élévation et d'époque différentes ; au sud se trouvent trois arcades romanes en plein cintre à simple rouleau, recouvertes d'un enduit épais qui empêche de préciser leur mode de construction. Le côté nord, doté d'arcs brisés portés par des piles rondes et probablement construit au XVIe siècle, pourrait être l'œuvre du même architecte que le clocher, les voussures présentant un profil analogue à celui de ses baies. Le collatéral nord, élargi au XIXe siècle, a une largeur voisine de celle de la nef, sauf à la travée est où il conserve la dimension d'origine identique au collatéral sud. Le passage de la nef au chœur se signale par un léger rétrécissement ; les fortes piles carrées qui le cantonnent témoignent d'un projet d'arc diaphragme resté inachevé. Le chœur de quatre travées, élevé en deux campagnes au XVe siècle, est séparé des bas-côtés par des arcades brisées reposant sur des piliers octogonaux aux chapiteaux lisses et s'achève par une grande baie à remplage de style gothique flamboyant, érigée vers 1500. Le mobilier intérieur est riche : la statuaire, en partie issue de chapelles voisines détruites, comprend notamment le maître-autel du XVIIe siècle, le retable de la confrérie du Rosaire daté de 1668, une Vierge de poutre de gloire du XVIIe siècle, le groupe Notre-Dame-de-Pitié (fin XVe siècle), un groupe « Sainte Anne et Marie » du XIXe siècle et des statues en chêne polychrome du XVIe siècle identifiées comme saint Samson et saint Alar (confondu en Bretagne avec saint Éloi). L'église conserve également deux tableaux du père Édouard Le Grand (1856-1936), provenant de la chapelle Saint-Yves de Kermaria et représentant le Vœu de Charles de Blois et la Mort de saint Yves. Le calice et l'ostensoir en argent doré, datés du XVIIe siècle, furent exposés à l'Exposition universelle de 1900 à Paris. Les orgues, construites par Jules Heyer en 1852, ont leur partie instrumentale classée au titre des monuments historiques. La croix dite du Bourg, inscrite en 1971, se trouvait à l'origine adossée au mur d'une propriété du bourg ; il s'agit d'une croix monolithe en granit, de forme latine à bras pattés, dont le fût de section rectangulaire s'amincit vers le sommet. Deux cavités circulaires subsistent — l'une au cœur du croisillon, l'autre à la base du fût — et le socle est constitué d'un bloc en forme de meule ; la croix pourrait dater de l'époque carolingienne.