Frise chronologique
1040
Donation de la paroisse
Donation de la paroisse
1040 (≈ 1040)
Berthe offre Plougasnou à l’abbaye Saint-Georges.
1062
Renouvellement de la donation
Renouvellement de la donation
1062 (≈ 1062)
Conan II confirme l’offrande de sa mère.
1582-1584
Construction du clocher
Construction du clocher
1582-1584 (≈ 1583)
Œuvre de Jean Le Taillander, hauteur 45 m.
1616
Date du portail occidental
Date du portail occidental
1616 (≈ 1616)
Surmonté de clochetons et statue de saint Pierre.
1914
Classement monument historique
Classement monument historique
1914 (≈ 1914)
Protection de l’église par l’État.
1971
Inscription de la croix du Bourg
Inscription de la croix du Bourg
1971 (≈ 1971)
Croix potentiellement carolingienne protégée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AK 141) : classement par arrêté du 27 mars 1914 ; Croix dite du Bourg située dans le placître de l'église (cad. AK 141) : inscription par arrêté du 18 octobre 1971
Personnages clés
| Berthe de Bretagne - Comtesse de Rennes |
Dona la paroisse en 1040. |
| Conan II - Duc de Bretagne |
Renouvelle la donation en 1062. |
| Jean Le Taillander - Architecte |
Conçut le clocher (1582-1584). |
| Édouard Le Grand - Peintre (1856-1936) |
Auteur de deux tableaux de l’église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Plougasnou, située dans le Finistère, est un édifice religieux dont les origines remontent potentiellement au Haut Moyen Âge, bien que sa structure actuelle résulte principalement de reconstructions à partir du XVe siècle. L’édifice actuel, de plan irrégulier, conserve des traces romanes comme trois arcades du XIe siècle, tandis que la majorité de la nef et du chœur datent des XVe et XVIe siècles. Le clocher, construit entre 1582 et 1584 par Jean Le Taillander, est un exemple remarquable de l’architecture bretonne de la Renaissance, avec sa flèche octogonale de 45 mètres entourée de clochetons.
En octobre 1040, la comtesse Berthe de Bretagne offre la paroisse de Plougasnou à l’abbaye Saint-Georges de Rennes en mémoire de son époux, le duc Alain III. Cette donation, renouvelée en 1062 par son fils Conan II, pourrait être liée à la construction de l’église romane primitive, dont il subsiste des vestiges. L’édifice, profondément remanié aux XVe et XVIe siècles, reflète ainsi une stratification historique, depuis ses fondations médiévales jusqu’à ses ajouts gothiques flamboyants et renaissants.
Le portail occidental, daté de 1616, est surmonté de trois clochetons et d’une statue de saint Pierre, tandis que la baie sud-ouest rappelle l’ornementation du château de Kerjean. À l’intérieur, la nef, flanquée de bas-côtés asymétriques, présente des arcades romanes au sud et des arcs brisés du XVIe siècle au nord, peut-être attribuables au même architecte que le clocher. Le chœur, construit en deux campagnes au XVe siècle, s’achève par une baie flamboyante vers 1500. L’église abrite également un mobilier remarquable, dont des tableaux du père Édouard Le Grand et des objets liturgiques en argent doré du XVIIe siècle, exposés à l’Exposition universelle de 1900.
Classée monument historique en 1914, l’église Saint-Pierre illustre l’évolution architecturale bretonne, mêlant influences romanes, gothiques et renaissantes. La croix dite du Bourg, inscrite en 1971 et potentiellement carolingienne, renforce son intérêt patrimonial. Ce monument, propriété de la commune, reste un témoignage majeur de l’histoire religieuse et artistique de la région.
Le site conserve aussi des éléments mobiliers notables, comme les orgues de Jules Heyer (1852), classées monument historique, et des statues provenant de chapelles voisines aujourd’hui disparues. Ces éléments soulignent le rôle central de l’église dans la préservation du patrimoine local, tant architectural qu’artistique, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne.