Fondation du prieuré clunisien 948 (≈ 948)
Donation par Géraud d’Uzès, septième fondation clunisienne.
vers 1180
Reconstruction romane
Reconstruction romane vers 1180 (≈ 1180)
Façade inspirée du Temple de Diane.
1302-1308
Travaux gothiques
Travaux gothiques 1302-1308 (≈ 1305)
Chevet élargi et tour-clocher édifiée.
1779-1784
Reconstruction classique
Reconstruction classique 1779-1784 (≈ 1782)
Dirigée par Jean-Pierre Franque sur plans d’Hélin.
1988
Classement monument historique
Classement monument historique 1988 (≈ 1988)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre (ancienne) (cad. BH 277) : classement par arrêté du 2 février 1988
Personnages clés
Géraud d’Uzès - Donateur
Fonde le prieuré clunisien en 948.
Jean-Pierre Franque - Architecte
Reconstruit l’église (1779-1784).
Hélin - Architecte parisien
Auteur des plans de 1779.
Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L’église Saint-Pierre de Pont-Saint-Esprit trouve ses origines dans un prieuré clunisien fondé en 948 par Géraud d’Uzès, marquant la septième implantation de l’ordre dans la région. Vers 1180, une reconstruction majeure transforme les bâtiments, dont subsiste aujourd’hui la façade occidentale, inspirée du Temple de Diane à Nîmes. Ce premier édifice, caractérisé par une nef unique voûtée en berceau brisé et des chapelles latérales, subit des dégâts majeurs au XIIIe siècle, probablement liés à des inondations ou des éboulements dans le Rhône.
Au début du XIVe siècle (1302-1308), l’abside est entièrement reprise pour former un chevet gothique élargi, tandis qu’une tour-clocher est érigée. Le prieuré, occupé par une trentaine de moines, est cependant pillé par les Routiers et dévasté pendant les guerres de Religion. Les ruines médiévales servent de fondations à l’église actuelle, reconstruite entre 1779 et 1784 par l’architecte Jean-Pierre Franque, selon les plans d’un certain Hélin, architecte parisien. La voûte, typique des techniques des Franque, intègre des éléments gothiques conservés, comme les nervures de l’abside.
Classée monument historique en 1988, l’église actuelle conserve des traces des trois époques : la façade romane du XIIe siècle, le chevet gothique du XIVe, et la structure classique du XVIIIe. Les matériaux réutilisés et les fondations médiévales témoignent de cette stratification historique. Le prieuré, autrefois centre spirituel et économique, reflète aujourd’hui l’évolution architecturale et les bouleversements politiques de la région, des origines clunisiennes à la Révolution.
Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux d’Alain Girard ou les archives de la Société archéologique de France, soulignent l’importance de ce site dans le patrimoine languedocien. Les vestiges, bien que partiels, permettent de reconstituer un édifice médiéval ambitieux, marqué par des influences antiques (façade inspirée de Nîmes) et une adaptation constante aux aléas naturels et humains.