Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Puiseux-Pontoise, fondée avant le XIIe siècle, est un édifice catholique paroissial marqué par des campagnes de construction successives. Son chœur rectangulaire, voûté d'une rare voûte sexpartite, date des années 1190-1210 et constitue un vestige précieux de l'architecture romane tardive. Le transept, érigé dans les années 1230 sous l'influence du style gothique primitif, témoigne d'une ambition initiale inaboutie : ses croisillons, conçus pour s'articuler avec des bas-côtés jamais construits, communiquaient autrefois avec la nef par des passages provisoires. La croisée du transept et le croisillon nord furent revoûtés à la période flamboyante, au début du XVIe siècle, tandis que le clocher, de style sobre, fut ajouté à cette époque.
La nef d'origine, basse et austère, subsista jusqu'en 1895 avant d'être remplacée par une construction néo-gothique financée par la famille Thomassin, notable locale. Cette nef, bénie en 1898, s'inspire du style gothique du XIIIe siècle et intègre des chapelles latérales qui mettent enfin en valeur les parties anciennes. L'architecte Charles Ferrant conçut un espace unifié, bien que certains détails, comme les doubleaux surdimensionnés ou l'absence de formerets dans les bas-côtés, trahissent son époque. Le mobilier et les éléments décoratifs, bien que non classés, incluent une copie remarquable d'une Vierge à l'Enfant attribuée à l'école de van Dyck, ainsi qu'une cloche de 1798 ornée de bas-reliefs religieux.
Le cimetière adjacent abrite deux croix classées, dont une du XIIIe siècle remaniée, et un monument funéraire dédié aux familles Berthelot de Baye et de Girardin, seigneurs locaux. Ces familles, liées à l'histoire du château de Puiseux (démoli en 1818), illustrent les liens entre noblesse terrienne et patrimoine religieux. L'église, partiellement inscrite aux monuments historiques en 1966 (chœur, transept et clocher), reste un lieu de culte occasionnel, rattaché à la paroisse de Cergy. Son architecture hybride, mêlant roman, gothique et néo-gothique, reflète les évolutions stylistiques et les restaurations successives qui ont marqué son histoire.
La fondation de l'église remonte au moins au XIe siècle, comme en témoigne un acte de donation de 1100 par Ite de Chaudry à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépendait du diocèse de Rouen, puis fut intégrée au diocèse de Versailles après la Révolution. Fermée au culte en 1793, l'église fut restaurée grâce à la générosité de Louis Thomassin, maire et agronome, dont le mécénat permit la reconstruction de la nef. Aujourd'hui, son état de conservation et ses particularités architecturales, comme la voûte sexpartite du chœur ou les chapiteaux du XIIIe siècle, en font un exemple significatif du patrimoine religieux du Vexin français.
L'extérieur de l'édifice, sobre et fonctionnel, contraste avec la richesse intérieure. La façade occidentale, néo-gothique, arbore un portail en tiers-point et une rosace aux motifs flamboyants, tandis que le clocher carré, dépourvu d'ornementation, domine l'ensemble. Les croisillons, marqués par des pignons à trilobes et des contreforts à larmiers, illustrent les remaniements flamboyants. À l'intérieur, la continuité visuelle entre la nef néo-gothique et le transept médiéval crée une harmonie spatiale, malgré les différences de style. Les vitraux, les chapiteaux végétaux et les clés de voûte sculptées rappellent l'artisanat des XIIe et XIIIe siècles, tandis que les boiseries du chœur et le retable baroque ajoutent des touches ultérieures.
Le site conserve également des traces de l'église primitive, comme un linteau roman réemployé au-dessus de la sacristie, orné de motifs géométriques et de dents de scie. Ce vestige, antérieur au XIIe siècle, évoque les origines modestes de l'édifice, alors simple nef-grange. Les fouilles et études menées au XIXe siècle, notamment par l'abbé Bourcier et Louis Régnier, ont permis de reconstituer partiellement son histoire, bien que certaines inscriptions, comme celle de la dédicace de 1212, restent sujettes à interprétation. Aujourd'hui, l'église Saint-Pierre, bien que peu fréquentée, demeure un témoin majeur de l'évolution architecturale et sociale du Vexin, de l'époque médiévale à la restauration éclectique du XIXe siècle.