Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L’église Saint-Pierre de Puisseguin, située en Gironde, est un édifice d’origine romane construit à la fin du XIIe siècle, puis profondément remanié aux XIIIe et XVe siècles. De la période romane, il ne subsiste que la partie basse de la façade, avec son portail polylobé orné de chapiteaux jumelés, ainsi que les deux premières travées de la nef. Les modifications gothiques incluent un chœur voûté d’ogives du XIIIe siècle, tandis que le sanctuaire du XVe siècle présente une voûte d’arête à nervures et un chevet plat percé d’une fenêtre à meneau. Deux chapelles latérales, dédiées à la Vierge et à saint Clair, furent ajoutées en 1786, complétant le plan en croix latine.
Le portail ancien, classé Monument Historique en 1914, est aujourd’hui enfermé dans un porche moderne qui servait autrefois de lieu de réunion et de marché, illustrant le rôle social central de l’église. Une litre funéraire, bande noire symbolisant le deuil d’un seigneur local aux XVIIe ou XVIIIe siècles, témoigne de son lien avec la noblesse. La prospérité de Puisseguin, soutenue par le chapitre Saint-André de Bordeaux, permit des aménagements gothiques et des décorations intérieures néo-gothiques aux XIXe et XXe siècles.
L’histoire de l’église est marquée par des périodes troubles : partiellement ruinée pendant la guerre de Cent Ans (1453), elle fut fortifiée durant les guerres de Religion (XVIe siècle), avec une nef exhaussée pour des raisons défensives. En 1587, le village et son château subirent le siège des troupes de Turenne. Au XVIIe siècle, l’église perdit son statut paroissial après le renvoi de son curé par le cardinal de Sourdis (1617), avant d’être rattachée au chapitre de Bordeaux. Des travaux majeurs eurent lieu en 1786, financés par un vicaire aisé, et en 1858, avec la construction d’un clocher néoclassique conçu par l’architecte Léo Courreau.
Au XXe siècle, des restaurations (1989–1991) révélèrent la polychromie du portail, tandis qu’en 2022, des problèmes structurels conduisirent à sa fermeture jusqu’en 2025 pour des travaux d’étaiement. L’édifice abrite également deux cadrans solaires : un canonial médiéval gravé sur un contrefort et un autre plus récent sur la façade ouest. Ces éléments, combinés à son architecture hybride, en font un témoignage riche de l’histoire religieuse et sociale de la Gironde.
La localisation de l’église, au centre du bourg sur la route départementale D17, et sa propriété communale soulignent son ancrage territorial. Son classement partiel (portail) et son inscription dans le patrimoine religieux aquitain, documentée par les bases Mérimée et Clochers de France, renforcent son importance historique. Les sources disponibles (Wikipedia, Monumentum) confirment son rôle à la fois spirituel, défensif et communautaire, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine.