Frise chronologique
1082
Première mention de la paroisse
Première mention de la paroisse
1082 (≈ 1082)
Ruschivilla citée dans les textes.
XIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIe siècle (≈ 1150)
Édifice roman avec chapiteaux historiés.
1376
Vente de la seigneurie
Vente de la seigneurie
1376 (≈ 1376)
Robert de Brucourt vend à Du Guesclin.
1403
Fonte de la cloche
Fonte de la cloche
1403 (≈ 1403)
L’une des plus anciennes de Normandie.
XIXe siècle
Redécouverte des chapiteaux
Redécouverte des chapiteaux
XIXe siècle (≈ 1865)
Études d’Arcisse de Caumont et reconnaissance.
12 juillet 1886
Classement monument historique
Classement monument historique
12 juillet 1886 (≈ 1886)
Protection de l’édifice et des chapiteaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Arcisse de Caumont - Historien et archéologue |
A étudié les chapiteaux au XIXe siècle. |
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie |
Quatre familles liées à son époque. |
| Robert de Brucourt - Seigneur de Rucqueville (1376) |
Vend la seigneurie à Du Guesclin. |
| Bertrand du Guesclin - Acheteur de la seigneurie |
Acquiert les terres en 1376. |
| Jacques de Thioult - Seigneur et patron (XVIIe) |
Désigne le curé en 1640. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Rucqueville, située dans le Calvados près de Bayeux, date du XIe siècle. Bien que son apparence extérieure paraisse modeste, elle abrite des chapiteaux historiés exceptionnels, étudiés depuis le XIXe siècle par des historiens comme Arcisse de Caumont. Ces sculptures, rares en Normandie, représentent des scènes bibliques comme La Fuite en Égypte ou L’Adoration des Mages, et suggèrent une influence artistique extérieure à la région.
La paroisse de Rucqueville, mentionnée dès 1082 sous divers noms (Ruschivilla, Rucheville), était partagée entre quatre grandes familles normandes, dont les vicomtes du Bessin et les seigneurs de Creully. Cette concentration de seigneurs puissants pourrait expliquer la présence de chapiteaux aussi richement sculptés dans une petite église rurale. Avant la Révolution, le patronage de l’église appartenait au seigneur local, un laïc, comme souvent en Normandie.
Au fil des siècles, l’église a subi des modifications : le collatéral nord, ajouté postérieurement, fut supprimé au XVIIIe siècle, et des baies romanes furent remplacées par des ouvertures en arc-brisé. La tour centrale, coiffée d’un toit en bâtière, domine la croisée du transept. Classée monument historique en 1886, l’église conserve aussi des vestiges de décor peint gothique et une cloche fondue en 1403, l’une des plus anciennes de la région.
Les chapiteaux de Rucqueville, comparables à ceux de Saint-Benoît-sur-Loire ou de la cathédrale de Bayeux, se distinguent par leur iconographie narrative, inhabituelle en Normandie où la sculpture romane privilégiait généralement des motifs géométriques ou végétaux. Parmi les scènes représentées figurent L’Incrédulité de Saint Thomas et un Combat de guerriers, témoignant d’une influence artistique venue d’autres régions, peut-être du sud de la France.
Après la Révolution, l’église, privée de desservant, fut rattachée à la paroisse de Martragny. En 1841, le curé de Martragny attira l’attention sur les chapiteaux « byzantins » de Rucqueville, contribuant à leur reconnaissance patrimoniale. Aujourd’hui, l’édifice reste un exemple remarquable de l’art roman normand, marqué par des apports stylistiques extérieurs et une histoire liée aux seigneurs locaux.