Frise chronologique
1122-1142
Début de la construction
Début de la construction
1122-1142 (≈ 1132)
Initiée par l'archevêque Henri Ier Sanglier.
1171
Fondation de la collégiale
Fondation de la collégiale
1171 (≈ 1171)
Création d'un chapitre de dix chanoines.
1337-1453
Incendie pendant la guerre
Incendie pendant la guerre
1337-1453 (≈ 1395)
Dégâts majeurs durant la guerre de Cent Ans.
1475-1519
Restauration par Tristan de Salazar
Restauration par Tristan de Salazar
1475-1519 (≈ 1497)
Construction du clocher et début des travaux Renaissance.
1536-1557
Travaux sous Louis de Bourbon-Vendôme
Travaux sous Louis de Bourbon-Vendôme
1536-1557 (≈ 1547)
Élévation du chœur et début du transept.
1794-1800
Transformation en temple de la Raison
Transformation en temple de la Raison
1794-1800 (≈ 1797)
Dévastation pendant la Révolution française.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments historiques français.
1843
Don de la reine Marie-Amélie
Don de la reine Marie-Amélie
1843 (≈ 1843)
Statue de Notre-Dame de la Miséricorde offerte.
1881-1887
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
1881-1887 (≈ 1884)
Intervention de Charles Leprévost à Paris.
2009-2011
Restauration récente
Restauration récente
2009-2011 (≈ 2010)
Charpente, couverture et orgue restaurés (1,8M€).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Henri Ier Sanglier - Archevêque de Sens |
Initiateur de la construction (1122-1142). |
| Tristan de Salazar - Archevêque de Sens (1475-1519) |
Lance la restauration et construit le clocher. |
| Louis de Bourbon-Vendôme - Cardinal et archevêque de Sens |
Fait élever le chœur (XVIe siècle). |
| Abbé Girard - Curé de Saint-Julien (1826-1857) |
Restaure vitraux et orgue, protège inscriptions révolutionnaires. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques |
Intervient pour la sauvegarde des vitraux (1846). |
| Viollet-le-Duc - Architecte |
Consulté pour la restauration des vitraux. |
| Bertrand Cattiaux - Facteur d'orgues |
Restaure l'orgue Renaissance en 2011. |
| Maître d'Isaïe - Artisan verrier |
Auteur de quatre vitraux (XIIIe siècle). |
| Marie-Amélie - Reine des Français |
Offre une statue en 1843 pour la chapelle. |
| Jean Cousin l'Ancien - Verrier |
Auteur des vitraux de saint Julien (1530). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Saint-Julien-du-Sault, située dans l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne collégiale dont les origines remontent au XIIe siècle sous l'impulsion de l'archevêque Henri Ier Sanglier. Les travaux, initiés entre 1122 et 1142, se poursuivirent au XIIIe siècle avec des plans inspirés de la cathédrale de Sens. L'édifice, partiellement détruit pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), fut restauré aux XVe et XVIe siècles sous les archevêques Tristan de Salazar et Louis de Bourbon-Vendôme, qui ajoutèrent le clocher et le chœur.
Classée monument historique dès 1840, l'église présente une architecture mêlant styles ogival et Renaissance, avec une nef de 54,60 mètres et des voûtes atteignant 21,45 mètres. Elle fut le siège d'un chapitre de dix chanoines jusqu'en 1773, puis devint entièrement paroissiale. Pendant la Révolution, elle fut transformée en temple de la Raison (1794-1800) et subissant des dégradations, comme la suppression des stèles des chanoines et des grilles séparant le chœur.
L'église abrite des vitraux remarquables des XIIIe et XVIe siècles, dont quatre attribués au Maître d'Isaïe, collaborateur de la Sainte-Chapelle. Parmi eux, des scènes de la vie de saint Louis, saint Blaise, ou saint Jean-Baptiste, ainsi que des bordures aux fleurs de lys et tours de Castille, symboles de Blanche de Castille. Ces vitraux, endommagés par les intempéries en 1784, furent restaurés au XIXe siècle sous l'impulsion de l'abbé Girard et de Prosper Mérimée, avec l'intervention de Viollet-le-Duc.
Le grand orgue Renaissance (1568), classé monument historique en 1978, est un joyau de l'édifice. Restauré en 2011 par Bertrand Cattiaux, il révèle des parchemins en caractères gothiques et une polychromie cachée sous des couches de peinture. L'église conserve aussi cinq cloches, dont Jacques (1791), seule rescapée de la fonte révolutionnaire. Les graffitis des soubassements, datant du XVIIe siècle, témoignent de la vie locale, avec des signatures et des dessins symboliques.
Les chapelles, initialement au nombre de sept (Saint-Georges, Saint-Nicolas, etc.), furent réduites à cinq au XVIIIe siècle. La chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié abrite un groupe sculpté offert en 1843 par la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, en mémoire de son fils. Les fresques et tableaux, comme Notre-Dame du Rosaire (XVIIe siècle) ou Saint Hubert (XVIe siècle), enrichissent le patrimoine artistique.
Des travaux majeurs ont marqué son histoire : réfection de la charpente en 2009 (1,8 million d'euros), restauration des vitraux au XIXe siècle, ou encore l'ajout d'une sacristie en 1888. L'église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif et un témoignage exceptionnel de l'art sacré en Bourgogne.