Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre de Saint-Julien-du-Sault, située dans l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne collégiale dont les origines remontent au XIIe siècle sous l'impulsion de l'archevêque Henri Ier Sanglier. Les travaux, initiés entre 1122 et 1142, se poursuivirent au XIIIe siècle avec des plans inspirés de la cathédrale de Sens. L'édifice, partiellement détruit pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), fut restauré aux XVe et XVIe siècles sous les archevêques Tristan de Salazar et Louis de Bourbon-Vendôme, qui ajoutèrent le clocher et le chœur.
Classée monument historique dès 1840, l'église présente une architecture mêlant styles ogival et Renaissance, avec une nef de 54,60 mètres et des voûtes atteignant 21,45 mètres. Elle fut le siège d'un chapitre de dix chanoines jusqu'en 1773, puis devint entièrement paroissiale. Pendant la Révolution, elle fut transformée en temple de la Raison (1794-1800) et subissant des dégradations, comme la suppression des stèles des chanoines et des grilles séparant le chœur.
L'église abrite des vitraux remarquables des XIIIe et XVIe siècles, dont quatre attribués au Maître d'Isaïe, collaborateur de la Sainte-Chapelle. Parmi eux, des scènes de la vie de saint Louis, saint Blaise, ou saint Jean-Baptiste, ainsi que des bordures aux fleurs de lys et tours de Castille, symboles de Blanche de Castille. Ces vitraux, endommagés par les intempéries en 1784, furent restaurés au XIXe siècle sous l'impulsion de l'abbé Girard et de Prosper Mérimée, avec l'intervention de Viollet-le-Duc.
Le grand orgue Renaissance (1568), classé monument historique en 1978, est un joyau de l'édifice. Restauré en 2011 par Bertrand Cattiaux, il révèle des parchemins en caractères gothiques et une polychromie cachée sous des couches de peinture. L'église conserve aussi cinq cloches, dont Jacques (1791), seule rescapée de la fonte révolutionnaire. Les graffitis des soubassements, datant du XVIIe siècle, témoignent de la vie locale, avec des signatures et des dessins symboliques.
Les chapelles, initialement au nombre de sept (Saint-Georges, Saint-Nicolas, etc.), furent réduites à cinq au XVIIIe siècle. La chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié abrite un groupe sculpté offert en 1843 par la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, en mémoire de son fils. Les fresques et tableaux, comme Notre-Dame du Rosaire (XVIIe siècle) ou Saint Hubert (XVIe siècle), enrichissent le patrimoine artistique.
Des travaux majeurs ont marqué son histoire : réfection de la charpente en 2009 (1,8 million d'euros), restauration des vitraux au XIXe siècle, ou encore l'ajout d'une sacristie en 1888. L'église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif et un témoignage exceptionnel de l'art sacré en Bourgogne.