Frise chronologique
1025
Don de Richard II à Jumièges
Don de Richard II à Jumièges
1025 (≈ 1025)
Chapelle romane originelle concédée avec Longueville.
fin XIIe siècle
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Remplacement de la chapelle romane.
2e quart du XIIIe siècle
Édification de la tour
Édification de la tour
2e quart du XIIIe siècle (≈ 1337)
Clocher polygonal à clochetons.
XVe siècle
Modifications flamboyantes
Modifications flamboyantes
XVe siècle (≈ 1550)
Baies et portes jumelées ajoutées.
1850
Percement du portail ouest
Percement du portail ouest
1850 (≈ 1850)
Remplacement d’une tribune.
1867
Restauration majeure
Restauration majeure
1867 (≈ 1867)
Financée par le duc d’Albuféra.
1909
Classement du clocher
Classement du clocher
1909 (≈ 1909)
Protection au titre des Monuments Historiques.
1984
Restauration complète
Restauration complète
1984 (≈ 1984)
Travaux menés par l’entreprise Lanctuit.
1991
Pose des verrières Tisserand
Pose des verrières Tisserand
1991 (≈ 1991)
Vitraux contemporains installés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : classement par arrêté du 9 septembre 1909
Personnages clés
| Richard II de Normandie - Duc de Normandie |
Donateur de Longueville à Jumièges en 1025. |
| Duc d'Albuféra - Mécène |
Financeur des restaurations de 1867. |
| Tisserand - Artisan verrier |
Auteur des vitraux posés en 1991. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Saint-Pierre-d'Autils trouve ses origines dans une chapelle romane mentionnée dès 1025, lorsque Richard II de Normandie concéda une partie de Longueville à l’abbaye de Jumièges. Ce don incluait le prieuré de Bourgueil et une chapelle attenante, sur laquelle fut construite, à la fin du XIIe siècle, l’église actuelle. Les vestiges romans subsistent dans la nef, le chœur et la corniche à modillons à la base du clocher, tandis que la tour, de plan polygonal et coiffée de quatre clochetons, fut érigée au 2e quart du XIIIe siècle. Le chœur, rectangulaire et plat, est voûté de croisées d’ogives reposant sur des culots feuillagés, et la nef, épaulée de contreforts massifs, conserve des lancettes étroites et un ancien portail à double baie.
Au XVe siècle, des modifications furent apportées, comme l’ouverture de portes jumelées dans le mur nord (condamnées en 1850) et l’ajout de baies à remplage flamboyant dans la nef. Une chapelle latérale sud fut ajoutée au XVIIe siècle, tandis qu’en 1791, une porte fut percée à la base de la tour. Le XIXe siècle marqua une phase de transformations majeures : en 1850, un portail remplaça une tribune à l’ouest, et en 1867, des travaux financés par le duc d’Albuféra restaurèrent la couverture et la nef, avec une voûte en berceau reconstruite en plâtre. Des réparations de la toiture eurent lieu en 1904, suivies d’une restauration complète en 1984 et de la pose de verrières signées Tisserand en 1991.
Le clocher, classé Monument Historique en 1909, se distingue par son escalier en vis combinant pierre (46 marches) et bois (52 marches), menant aux cloches. La tour, ornée de baies géminées cantonnées de colonnettes et de décors en bâtons brisés, domine un chevet plat percé d’un oculus. Des marques de tacherons (lettres V, croix) subsistent à la base de l’escalier, témoignages des artisans médiévaux. À proximité de l’abside, l’ancien cimetière paroissial a livré ossements et pièces de monnaie, rappelant le rôle central de l’église dans la vie communautaire depuis le Moyen Âge.
L’édifice illustre ainsi une stratification architecturale typique de la Normandie, mêlant héritage roman, innovations gothiques (ogives, contreforts, lancettes) et adaptations ultérieures. Les restaurations successives, notamment celles des XIXe et XXe siècles, ont préservé ce patrimoine, tout en intégrant des éléments modernes comme les vitraux contemporains. La propriété communale, ouverte à la visite, perpétue aujourd’hui sa fonction cultuelle et mémorielle.