Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Nef et parement sud datés
XIIe siècle
Phase romane majeure
Phase romane majeure
XIIe siècle (≈ 1250)
Abside, chœur voûté, modillons sculptés
XIIIe siècle
Portail gothique
Portail gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Arc ogival à trois ressauts
1562-1598
Fortification (guerres de Religion)
Fortification (guerres de Religion)
1562-1598 (≈ 1580)
Mâchicoulis et meurtrières ajoutés
XVIe siècle
Agrandissements
Agrandissements
XVIe siècle (≈ 1650)
Bas-côté nord, chapelle sud, fenêtre à meneaux
1925
Première protection
Première protection
1925 (≈ 1925)
Classement partiel (abside et chœur)
5 avril 2001
Inscription totale
Inscription totale
5 avril 2001 (≈ 2001)
Monument historique en totalité
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. D 416) : inscription par arrêté du 5 avril 2001
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage cité |
Le texte source ne mentionne aucun acteur historique nommé |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre de Saint-Pierre-de-Bat, située en Gironde dans le bourg traversant la route départementale D19, est un édifice à l’histoire stratifiée. Construite initialement au XIe siècle, comme en témoignent les parements du mur sud de la nef, elle adopte un plan roman au XIIe siècle : une nef unique prolongée par une abside en cul-de-four, voûtée contrairement à la nef lambrissée. La corniche de l’abside, soutenue par des modillons figurés, et les chapiteaux intérieurs (arc triomphal et chœur) illustrent un répertoire iconographique roman riche, mêlant motifs végétaux, animaux fantastiques et scènes moralisatrices. Le portail occidental, bien que reposant sur des bases romanes, arbore un style gothique du XIIIe siècle, avec un arc ogival à trois ressauts.
Les remaniements majeurs interviennent après la guerre de Cent Ans (XIVe-XVe siècles) : un bas-côté nord et une chapelle sud sont ajoutés, élargissant la nef. Les guerres de Religion (1562-1598) transforment l’édifice en lieu fortifié : le chevet est surélevé d’un mur crénelé percé de meurtrières en croix, tandis qu’un mâchicoulis couronne la façade ouest. Une fenêtre à meneaux du XVIe siècle et des traces d’une chapelle sud, détruite au XIXe siècle, complètent ces ajouts. À cette époque, des voûtes d’ogives sont établies dans la nef et le bas-côté, et des décors peints (XVIIIe siècle) ornent le chœur. L’église, partiellement classée en 1925 (abside et chœur), est inscrite en totalité aux monuments historiques en 2001.
L’iconographie romane de l’église, concentrée sur les modillons du chevet et les chapiteaux, offre un aperçu des mentalités médiévales. Les 30 modillons encore visibles dépeignent des scènes de la vie quotidienne (musique, chasse, pêche) ou des vices (luxure, représentations maléfiques comme sirènes ou loups), contrastant avec la vertueuse image d’une mère et son enfant, symbole de procréation légitime. À l’intérieur, les chapiteaux de l’arc triomphal opposent des scènes violentes (un homme dévoré par des chiens) à des motifs végétaux stylisés, reflétant la dualité entre péché et rédemption prônée par l’Église.
Les restaurations des XIXe et XXe siècles (voûtes, décors intérieurs) ont préservé cet édifice hybride, où se superposent les styles roman, gothique et défensif. Aujourd’hui propriété communale, l’église Saint-Pierre-ès-Liens reste un marqueur du patrimoine religieux et artistique de la Nouvelle-Aquitaine, illustrant les adaptations d’un lieu de culte aux tumultes de l’histoire.