Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman à nef unique et abside.
XIVe siècle (présumé)
Modification du clocher
Modification du clocher
XIVe siècle (présumé) (≈ 1450)
Création du clocher-mur et bretèche nord.
1600-1699
Construction du clocher actuel
Construction du clocher actuel
1600-1699 (≈ 1650)
Remplacement de la tour disparue.
1705
Réalisation du maître-autel
Réalisation du maître-autel
1705 (≈ 1705)
Œuvre d’un sculpteur toulousain pour Fonclaire.
1853
Première restauration
Première restauration
1853 (≈ 1853)
Remplacement du pavement en pierre.
1905
Restauration et enduit
Restauration et enduit
1905 (≈ 1905)
Recouvrement des pierres par du plâtre.
1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1926 (≈ 1926)
Protection officielle de l’édifice.
1982
Restauration et découvertes
Restauration et découvertes
1982 (≈ 1982)
Retrait de l’enduit, litre funéraire révélée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. 354) : inscription par arrêté du 7 janvier 1926
Personnages clés
| Guillaume Sanche - Duc de Gascogne (Xe siècle) |
Donateur présumé du prieuré en 963/982. |
| Bernard Guillaume - Duc de Gascogne (XIe siècle) |
Confirma la donation vers 1061. |
| Docteur Chapeyrou - Responsable des travaux (XXe siècle) |
Dirigea la restauration de 1982. |
| Pierre Dubourg-Noves - Historien et archéologue |
A étudié l’église et son clocher. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Saint-Pierre-de-Buzet, située dans le département de Lot-et-Garonne en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice roman du XIIe siècle. Son plan simple, à nef unique et abside semi-circulaire, cache une histoire liée au couvent de prémontrés de La Grange Notre-Dame-de-Fonclaire, distant d’1 km. Ses dimensions imposantes et ses éléments défensifs (comme la pile ronde supportant une ancienne tour) suggèrent un double usage : lieu de culte et refuge pour les habitants, en l’absence de château-fort proche. Les guerres de Cent Ans ou de Religion ont probablement causé la disparition de cette tour, remplacée au XVIIe siècle par un clocher triangulaire.
Les restaurations successives ont marqué son histoire : en 1853, le pavement en pierre fut remplacé par de la terre cuite ; en 1905, un enduit de plâtre recouvrit les murs, retiré en 1982 lors de travaux révélant une litre funéraire et des peintures murales. Inscrite aux monuments historiques en 1926, l’église conserve des traces de son passé médiéval, comme des marques de tâcherons, un chrisme sculpté au-dessus du portail sud, et un maître-autel du XVIIIe siècle, originaire de la Grange de Fonclaire.
L’architecture romane de l’église se caractérise par sa nef à quatre travées, son chœur étroit voûté en cul-de-four, et des chapiteaux sculptés (lions au sud, oiseaux au nord). La pile ronde entre les première et deuxième travées, probablement conçue pour supporter un donjon, témoigne de son rôle défensif. Le clocher-mur actuel, aux contreforts plats, date probablement du XIVe siècle, tandis que l’escalier en vis et la bretèche au nord évoquent des aménagements liés aux conflits locaux. Son mobilier inclut un autel attribué à la fabrique Virebent de Toulouse, déplacé pendant la Révolution.
Les sources historiques mentionnent un prieuré bénédictin Saint-Pierre dépendant de l’abbaye de Saint-Sever dès le Xe siècle, lié à des donations des ducs de Gascogne (Guillaume Sanche en 963/982, Bernard Guillaume vers 1061). Bien que l’église actuelle date du XIIe siècle, ce contexte monastique ancien éclaire son importance régionale. Les modifications ultérieures (voûtes surbaissées, clocher fortifié) reflètent les adaptations aux besoins locaux, entre spiritualité, défense, et vie communautaire.