Frise chronologique
740
Fondation du monastère
Fondation du monastère
740 (≈ 740)
Création par les bénédictins de Saint-Martin d’Autun.
IXe siècle
Élevation en prieuré
Élevation en prieuré
IXe siècle (≈ 950)
Installation définitive des moines bénédictins.
1164
Bulle papale d’Alexandre III
Bulle papale d’Alexandre III
1164 (≈ 1164)
Confirmation de l’appartenance à Saint-Martin d’Autun.
1180
Dotation d’Archambault de Bourbon
Dotation d’Archambault de Bourbon
1180 (≈ 1180)
Revenus accordés au prieuré.
1222
Création du bailliage royal
Création du bailliage royal
1222 (≈ 1222)
Établi par Philippe Auguste.
1234
Érection en église paroissiale
Érection en église paroissiale
1234 (≈ 1234)
Passage sous statut paroissial.
novembre 1429
Prise de la ville par Jeanne d’Arc
Prise de la ville par Jeanne d’Arc
novembre 1429 (≈ 1429)
Victoire « angélique » et prière dans l’église.
1886
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1886 (≈ 1886)
Protection par arrêté ministériel.
1910
Destruction des bâtiments claustraux
Destruction des bâtiments claustraux
1910 (≈ 1910)
Disparition des structures monastiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Brunehaut - Reine des Francs |
Offrit le terrain du monastère en 740. |
| Alexandre III - Pape |
Confirma l’appartenance à Saint-Martin d’Autun (1164). |
| Louis VII - Roi de France |
Accorda sa protection à la localité (1165). |
| Archambault de Bourbon - Seigneur bourbonnais |
Dota richement le prieuré en 1180. |
| Philippe Auguste - Roi de France |
Établit un bailliage royal en 1222. |
| Jeanne d’Arc - Héroïne de la guerre de Cent Ans |
Pria dans l’église après sa victoire (1429). |
| François Rapine - Prieur et aumônier royal |
Conseiller institué par Louis XIII (1632). |
| Frères Mauméjean - Peintres-verriers |
Auteurs des vitraux modernes (XXe siècle). |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre trouve ses origines en 740, lorsque les bénédictins de Saint-Martin d’Autun fondent un monastère à proximité de la voie romaine d’Autun à Bordeaux, sur un terrain offert par la reine Brunehaut. Ce site stratégique devient un prieuré au IXe siècle, confirmé en 1164 par une bulle du pape Alexandre III comme dépendance de l’abbaye de Saint-Martin. En 1180, Archambault de Bourbon enrichit le prieuré, et en 1234, l’église est érigée en paroisse. Les bâtiments claustraux, détruits en 1910, laissent place à une structure mêlant roman primitif (nef, bas-côté sud) et gothique (bas-côté nord reconstruit après un incendie entre 1164 et 1221).
L’église est indissociable de l’épopée de Jeanne d’Arc : en novembre 1429, lors de la prise de Saint-Pierre-le-Moûtier tenue par les troupes d’Alain d’Albret et des Anglais, la Pucelle invoque une « compagnie de 50 000 anges » pour remporter la victoire. Épargnant la ville du pillage, elle prie dans l’église avant de partir vers La Charité. Cet épisode inspire toute la décoration moderne de l’édifice, notamment les vitraux et mosaïques des frères Mauméjean (XXe siècle) illustrant ses paroles et la protection divine.
Classée Monument Historique en 1886, l’église allie des éléments architecturaux remarquables : un portail occidental en plein cintre (XIIe-XIIIe siècles), un porche nord aux chapiteaux sculptés évoquant la Jérusalem céleste, et des chapelles latérales percées aux XVe-XVIe siècles. Le clocher carré, bâti sur le transept, abrite la cloche de l’ancien beffroi. À l’intérieur, la nef voûtée en berceau, le chœur surélevé au-dessus d’une crypte, et des objets mobiliers classés (gisant du XIVe siècle, statues des XVe-XVIe siècles) témoignent de son riche passé monastique et paroissial.
Les priors marquants incluent François Rapine (1642), aumônier de Marie de Médicis et conseiller institué par Louis XIII, ou Helin de Lamoignon (1569), abbé de Bellevaux. Les chapiteaux romans, inspirés de l’école de Cluny, mêlent feuillages stylisés, animaux fantastiques et scènes bibliques comme Daniel dans la fosse aux lions, reflétant les influences bourguignonnes et auvergnates. Les vitraux modernes et la chapelle dédiée à Jeanne d’Arc perpétuent la mémoire de son passage miraculeux.
L’édifice, propriété communale, conserve aussi des traces de son rôle social : pierre tombale du XVIe siècle, peintures néo-gothiques, et un orgue virtuel. Son tympan du XIIe siècle, représentant le Christ en majesté entouré du tétramorphe, et les mosaïques rappelant les « frères du paradis » veillant sur Jeanne, en font un lieu où histoire, art et spiritualité s’entrelacent.