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Frise chronologique
Ier siècle
Implantation romaine
Implantation romaine
Ier siècle (≈ 150)
Gué et bornes milliaires sur la voie Poitiers-Bourges.
Entre 782 et 984
Réalisation des fresques carolingiennes
Réalisation des fresques carolingiennes
Entre 782 et 984 (≈ 984)
Datation au carbone 14 des peintures absidales.
XIe siècle
Surélevation de l'abside
Surélevation de l'abside
XIe siècle (≈ 1150)
Ajout d'une voûte en pierre et arc doubleau.
1850
Découverte des fresques
Découverte des fresques
1850 (≈ 1850)
Mise au jour sous un badigeon dans l'abside.
1950
Attribution carolingienne par Paul Deschamps
Attribution carolingienne par Paul Deschamps
1950 (≈ 1950)
Reconnaissance de l'ancienneté des fresques.
17 septembre 1952
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
17 septembre 1952 (≈ 1952)
Protection de l'église et de son cimetière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par arrêté du 17 septembre 1952 ; Le cimetière et les terrains constituant la berge (entre le cimetière et la Vienne) (cad. I 296 à 298) : classement par arrêté du 13 novembre 1952
Personnages clés
| Gordien III - Empereur romain (238–244) |
Borne milliaire réutilisée dans le chevet. |
| Paul Deschamps - Archiviste-paléographe et directeur de musée |
A identifié les fresques comme carolingiennes. |
| Bénédicte Palazzo-Bertholon - Archéologue |
Datation au carbone 14 des fresques. |
| Ingemar König - Historien (1967) |
Attribution de la borne à Gordien III. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Saint-Pierre-les-Églises, située à proximité de Chauvigny en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice préroman des XIe et XIIe siècles. Elle se distingue par ses fresques carolingiennes, découvertes en 1850 dans l'abside et datées entre 782 et 984 grâce au carbone 14, faisant d'elles les plus anciennes d'Europe occidentale. Ces peintures, réalisées à fresque avec des pigments naturels (ocre rouge, jaune, blanc et gris), représentent des scènes de la vie du Christ et de la Vierge. L'église, classée Monument Historique en 1952, conserve aussi un sarcophage mérovingien orné d'outils de tailleur de pierre, témoignant d'une occupation ancienne du site.
Le site de Saint-Pierre-les-Églises, implanté près d'une voie romaine reliant Poitiers à Bourges, était un lieu de passage stratégique dès le Ier siècle. Sept bornes milliaires y ont été retrouvées, dont une réutilisée dans le chevet de l'église et attribuée à l'empereur Gordien III (238–244). L'édifice, construit sur les vestiges d'un temple gallo-romain dédié aux dieux protecteurs de la navigation sur la Vienne, combine des éléments architecturaux antiques (moellons cubiques, briques) et des transformations médiévales. L'abside, surélevée au XIe siècle pour accueillir une voûte en pierre, et la nef rectangulaire (13x9,20 m) illustrent cette évolution.
Le cimetière entourant l'église renferme des sarcophages mérovingiens, dont certains couvercles sont décorés de motifs géométriques ou d'outils (équerre, piolet), évoquant des artisans locaux. Ces sépultures, antérieures au cimetière médiéval, confirment une occupation continue depuis l'Antiquité. Les fresques, redécouvertes en 1851 sous un badigeon, furent initialement attribuées au XIIe siècle avant d'être reconnues comme carolingiennes par l'historien Paul Deschamps vers 1950. Leur style et leur technique (peinture a fresco sur enduit de chaux) en font un témoignage rare de l'art religieux du haut Moyen Âge.
L'église, autrefois au cœur d'une paroisse dite des trois églises peut-être fondée au IXe siècle, a subi plusieurs campagnes de remaniement. Au XIIe siècle, un texte mentionne sa construction avec des matériaux issus d'un temple païen. Les peintures de la nef, datées de 1628, contrastent avec les fresques anciennes du chœur. Aujourd'hui fermée pour restauration, elle dépend de la commune de Chauvigny, qui gère aussi son cimetière classé et les berges de la Vienne attenantes, protégés depuis 1952.