Frise chronologique
1958-1965
Restauration majeure
Restauration majeure
1958-1965 (≈ 1962)
Dégagement d'éléments originaux et création d'un accès.
9 novembre 1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 novembre 1984 (≈ 1984)
Inscription officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre (cad. AB 47) : inscription par arrêté du 9 novembre 1984
Personnages clés
| Saint Céneré - Fondateur légendaire et saint local |
Reliques conservées dans le transept nord. |
| Bienheureux Mérole - Chorévêque puis évêque du Mans |
Statue du XVIIIᵉ siècle dans l'église. |
| Saint Bibien - Évêque et protecteur des animaux |
Culte local attesté par une statue. |
| Martin Ier (pape) - Légende liée à saint Céneré |
Aurait nommé Céneré cardinal avant son départ. |
| Gauziolène - Évêque du Mans (725-770) |
Contemporain de Mérole sous Charlemagne. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Saulges, située dans le département de la Mayenne en Pays de la Loire, est considérée comme le plus ancien édifice chrétien du département avec la chapelle Notre-Dame de Pritz. Sa construction débute au VIIIe siècle, comme en témoignent les maçonneries des murs, les arcs massifs et l'absence de voûtement initial. Orientée initialement au sud-est, elle repose partiellement sur une nécropole mérovingienne, et seule une fraction de sa nef d'origine subsiste, le reste s'étendant sous des habitations mitoyennes. Les parties les plus anciennes, comme les arcs nord et est, ainsi que la croisée surmontée d'une tour-lanterne, datent de la période pré-romane. Un arc menant au chœur intègre des tuiles romaines locales, et sa clé en calcaire porte une inscription médiévale évoquant une donation.
Au XVIe siècle, une chapelle sud dédiée à saint Céneré est ajoutée, remplaçant le bras sud du transept pré-roman. Cette extension, peinte et richement décorée, modifie l'orientation de l'édifice vers le nord-est et agrandit la nef pour accueillir pèlerins et offices. L'église, devenue trop exiguë, cède son rôle paroissial au XIe siècle à l'église Notre-Dame, construite à proximité. Entre 1958 et 1965, des restaurations rétablissent un accès par le pignon sud et dégagent des éléments originaux, comme l'arc ouest de la nef. Les reliques de saint Céneré, fondateur légendaire de l'église, y sont toujours conservées dans le transept nord.
L'édifice, inscrit aux monuments historiques en 1984, abrite une statuaire remarquable des XVIe et XVIIe siècles, incluant des représentations de saints locaux comme Céneré, Mérole (chorévêque sous Charlemagne), ou Bibien, invoqué pour la protection des animaux. Son plan en croix grecque, partiellement visible, et son intégration dans le tissu urbain (certaines parties sont incluses dans des propriétés privées) reflètent son évolution millénaire. Aujourd'hui, seule une partie du chevet et du transept sud reste accessible depuis l'extérieur, tandis que son intérieur conserve des traces de fresques et d'éléments architecturaux médiévaux.
La légende associe saint Céneré à une source miraculeuse jaillissant près de l'oratoire qui lui est dédié. Ce culte, ainsi que celui de saints comme Radegonde (reine des Francs) ou Avertin (ermite tourangeau), illustre l'importance religieuse et communautaire de l'église au fil des siècles. Les objets liturgiques et statues, tels que Notre-Dame-des-Oui-Noué (copie moderne d'une sedes sapientiae médiévale), témoignent de sa richesse patrimoniale et de son rôle dans les pèlerinages locaux.