Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre de Sireuil
L’église Saint-Pierre de Sireuil, située dans le village de Sireuil (commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, Dordogne), est un édifice roman dont les origines remontent au XIIe siècle. Son avant-chœur, couvert d’une coupole, date du premier tiers du XIIe siècle, tandis que le portail, de style limousin, fut ajouté au XIIIe siècle. L’église dépendait alors de l’archiprêtré de Saint-André d’Allas et relevait directement de l’évêque, comme en témoignent des documents médiévaux.
Au XVIIe siècle, une chapelle fut construite au nord de l’avant-chœur, et le clocher, partiellement détruit, fut remonté avec un léger retrait. Les guerres de Cent Ans et les guerres de Religion ont probablement endommagé la structure, nécessitant des réparations majeures. En 1732, un devis de réparation fut établi pour le corps de l’église et le clocher, déclarés en ruine. Les travaux, menés par des artisans de Saint-Cyprien, concernaient notamment une brèche de maçonnerie et la vis du clocher.
L’église a fait l’objet de multiples restaurations : en 1849, puis entre 1901 et 1905 par l’architecte Crouzelou, et plus récemment entre 1977 et 1990 pour les toitures, le sol, et l’installation électrique. Classée monument historique en 1974, elle conserve des éléments architecturaux remarquables, comme sa coupole sur pendentifs, son chœur roman, et un vitrail de 1875 réalisé par le peintre verrier Jean Besseyrias, restauré en 2002.
L’édifice présente une nef unique suivie d’un avant-chœur et d’un chœur polygonal, éclairé par des baies romanes. Le clocher carré, épaulé de contreforts massifs, domine l’ensemble. Les sources historiques mentionnent des vocables variés pour cette église : Saint-Marcel (patron initial au IVe siècle), Saint-Pierre (attesté dès 1343), ou encore Saint-Martin selon certaines bases de données. Ces variations reflètent son histoire complexe et ses transformations au fil des siècles.
Les archives révèlent que l’église fut désignée sous le nom de Sti Petri de Sirolio dans les registres du pape Clément VI (1343), et Sti Marcelli de Sirolio en 1556. Ces mentions soulignent son importance dans le paysage religieux local. Malgré les lacunes documentaires, les restaurations successives ont permis de préserver ce témoignage de l’art roman périgourdin, marqué par les conflits et les évolutions architecturales de la région.