Frise chronologique
1147
Première mention écrite
Première mention écrite
1147 (≈ 1147)
Bulle du pape Eugène III et charte de l'évêque de Bayeux.
1792-1796
Transformation en salpêtrerie
Transformation en salpêtrerie
1792-1796 (≈ 1794)
Utilisation révolutionnaire avant retour au culte en 1803.
1840
Désaffectation et classement
Désaffectation et classement
1840 (≈ 1840)
Classée monument historique dès sa désaffectation.
1896-1901
Restauration par Léon Bénouville
Restauration par Léon Bénouville
1896-1901 (≈ 1899)
Campagne majeure de conservation du monument.
1998-
Étude archéologique exhaustive
Étude archéologique exhaustive
1998- (≈ 1998)
Dirigée par François Delahaye, révélant des vestiges anciens.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (ancienne) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte et théoricien |
A étudié sa tour-clocher dans son *Dictionnaire raisonné*. |
| Léon Bénouville - Architecte des Monuments historiques |
Dirigea la restauration de 1896-1901. |
| François Delahaye - Archéologue |
Dirige les fouilles et études depuis 1998. |
| Cécile Niel - Anthropologue |
Collabore à l'étude des ossements exhumés. |
| Pape Eugène III - Autorité religieuse |
Mentionne l'église dans une bulle en 1147. |
| Henri (évêque de Bayeux) - Prélat normand |
Cité dans une charte de 1147 concernant l'église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Thaon, située dans la vallée de la Mue à Thaon (Calvados), est un exemple emblématique de l'architecture romane normande. Construite aux XIe et XIIe siècles, elle se distingue par sa tour-clocher défensive, sa nef à cinq travées et son chœur rectangulaire. Désaffectée en 1840, elle est classée monument historique la même année pour son intérêt monumental et artistique.
L'édifice a subi plusieurs modifications au fil des siècles : au XIIIe siècle, les baies du chœur furent agrandies pour plus de lumière, et aux XVIIe-XVIIIe siècles, les bas-côtés furent supprimés. Transformée en atelier de salpêtrerie pendant la Révolution (1792-1796), elle fut restaurée à plusieurs reprises, notamment entre 1896 et 1901 par Léon Bénouville, puis en 1971-1972 et 1994 pour sauver son clocher menacé.
Depuis 1998, une étude archéologique exhaustive, dirigée par François Delahaye, a révélé des traces d'édifices antérieurs (VIIe au Xe siècle) et des ossements offrant des éclairages sur les modes de vie médiévaux. L'église, aujourd'hui gérée par l'Association des amis de la vieille église de Thaon, est un site clé pour comprendre l'évolution architecturale et sociale de la Normandie médiévale.
La tour-clocher, citée par Eugène Viollet-le-Duc, conserve des éléments défensifs comme un chemin de ronde et un escalier intégré dans l'épaisseur des murs. La nef, originellement flanquée de bas-côtés, présente des décors intérieurs en zigzags et des arcatures extérieures caractéristiques. Le chevet, orné de croix de pierre encadrées, témoigne de la richesse symbolique de l'art roman normand.
Les fouilles ont mis au jour des sarcophages du VIIe siècle, suggérant une occupation cultuelle ancienne, ainsi que les vestiges d'une église pré-romane (IXe-Xe siècles). Ces découvertes, associées aux études anthropologiques de Cécile Niel, ont permis de reconstituer partiellement l'histoire du site, depuis ses origines jusqu'à sa désaffectation au XIXe siècle.