Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Vendeuvre-sur-Barse, située dans le département de l’Aube en Grand Est, fut construite entre 1510 et 1530 sur un terrain offert par Charles II d’Amboise, seigneur local. Ce projet, initié par le curé Jean de Montlucin en 1502, fut financé par les seigneurs de Vendeuvre (Charles II, Georges III et Antoinette d’Amboise) et principalement par le prieur, chargé de percevoir la dîme. Les paroissiens, en difficulté pour contribuer, virent s’élever en vingt ans une église exceptionnelle, unique dans la région par son plan homogène et son cimetière ceint de murs défensifs.
L’édifice, d’architecture gothique flamboyant teintée de Renaissance, présente une nef de 53 mètres, un transept de 34 mètres, et une flèche culminant à 55 mètres. Son portail nord-est, ses voûtes en étoiles, et ses piliers élégants illustrent cette transition stylistique. En 1725, la foudre détruisit le clocher, reconstruit avec un clocher secondaire. La Révolution marqua une période trouble : l’église perdit ses cloches, mais reçut une chaire de Clairvaux en 1793 et devint temporairement siège épiscopal sous Jean-Baptiste Blampoix, évêque contesté.
Le XXe siècle fut marqué par deux catastrophes : en 1940, un incendie ravagea la toiture et les voûtes après qu’un obus eut enflammé une citerne d’essence. Les intempéries de l’hiver 1940-1941 aggravèrent les dégâts, ne laissant debout que les voûtes du transept. La restauration, achevée en 1963, redonna à l’église son éclat, avec des vitraux contemporains de Max Ingrand remplaçant ceux du XVIe siècle perdus. Classée monument historique en 1907, elle abrite aujourd’hui des retables des XVIe et XVIIe siècles, une Pietà en chêne polychrome, et des statues remarquables, témoins de son riche passé.
Parmi les trésors intérieurs, le retable du maître-autel, attribué à François Girardon, domine le chœur avec son tableau central du Jugement de Saint-Pierre peint par Claude Velut. Le retable de saint Nicolas (1539), sculpté par Nicolas Halins, et l’autel baroque dédié à saint Jean-Baptiste, avec ses colonnes torses, illustrent la diversité artistique de l’édifice. La chaire de 1703, transférée de Clairvaux en 1793, et le banc-d’œuvre en pierre de 1539, rare exemple taillé dans ce matériau, complètent cet ensemble patrimonial.
Les cloches, fondues en 1861 à Robécourt (Vosges), portent les noms de Célestine (2 500 kg), Marie, Angélique et Constance. L’orgue actuel, installé en 1963 par Michel-Merklin & Kuhn, intègre des tuyaux anciens et fut inauguré lors de la réouverture de l’église. Les quatorze stations du chemin de croix en terre cuite, produites localement, et les lustres néogothiques en bronze ajoutent à la richesse décorative. Les litres funéraires sur les piliers rappellent l’ancienne seigneurie, abolie à la Révolution.