Frise chronologique
1502
Décision de construction
Décision de construction
1502 (≈ 1502)
Jean de Montlucin initie le projet d'église.
1510-1530
Construction de l'église
Construction de l'église
1510-1530 (≈ 1520)
Édification sur terrain offert par Charles II d'Amboise.
1725
Destruction du clocher par la foudre
Destruction du clocher par la foudre
1725 (≈ 1725)
Reconstruction avec clocher secondaire ajouté.
1793
Arrivée de la chaire de Clairvaux
Arrivée de la chaire de Clairvaux
1793 (≈ 1793)
Transférée pendant la Révolution.
1861
Fonte des quatre cloches
Fonte des quatre cloches
1861 (≈ 1861)
Célestine, Marie, Angélique et Constance installées.
1940
Incendie pendant la Seconde Guerre mondiale
Incendie pendant la Seconde Guerre mondiale
1940 (≈ 1940)
Toiture et voûtes détruites par un obus.
1963
Réouverture après restauration
Réouverture après restauration
1963 (≈ 1963)
Inauguration avec nouvel orgue et vitraux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 6 juillet 1907
Personnages clés
| Charles II d'Amboise - Seigneur de Vendeuvre |
Offrit le terrain pour l'église. |
| Jean de Montlucin - Curé de Vendeuvre |
Initiateur de la construction en 1502. |
| Nicolas Halins - Sculpteur flamand |
Auteur du retable de saint Nicolas (1539). |
| François Girardon - Sculpteur troyen (attribution) |
Retable du maître-autel attribué localement. |
| Jean-Baptiste Blampoix - Évêque constitutionnel de l'Aube |
Utilisa l'église comme siège épiscopal (1793-1801). |
| Max Ingrand - Maître-verrier |
Créa les vitraux contemporains en 1963. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Vendeuvre-sur-Barse, située dans le département de l’Aube en Grand Est, fut construite entre 1510 et 1530 sur un terrain offert par Charles II d’Amboise, seigneur local. Ce projet, initié par le curé Jean de Montlucin en 1502, fut financé par les seigneurs de Vendeuvre (Charles II, Georges III et Antoinette d’Amboise) et principalement par le prieur, chargé de percevoir la dîme. Les paroissiens, en difficulté pour contribuer, virent s’élever en vingt ans une église exceptionnelle, unique dans la région par son plan homogène et son cimetière ceint de murs défensifs.
L’édifice, d’architecture gothique flamboyant teintée de Renaissance, présente une nef de 53 mètres, un transept de 34 mètres, et une flèche culminant à 55 mètres. Son portail nord-est, ses voûtes en étoiles, et ses piliers élégants illustrent cette transition stylistique. En 1725, la foudre détruisit le clocher, reconstruit avec un clocher secondaire. La Révolution marqua une période trouble : l’église perdit ses cloches, mais reçut une chaire de Clairvaux en 1793 et devint temporairement siège épiscopal sous Jean-Baptiste Blampoix, évêque contesté.
Le XXe siècle fut marqué par deux catastrophes : en 1940, un incendie ravagea la toiture et les voûtes après qu’un obus eut enflammé une citerne d’essence. Les intempéries de l’hiver 1940-1941 aggravèrent les dégâts, ne laissant debout que les voûtes du transept. La restauration, achevée en 1963, redonna à l’église son éclat, avec des vitraux contemporains de Max Ingrand remplaçant ceux du XVIe siècle perdus. Classée monument historique en 1907, elle abrite aujourd’hui des retables des XVIe et XVIIe siècles, une Pietà en chêne polychrome, et des statues remarquables, témoins de son riche passé.
Parmi les trésors intérieurs, le retable du maître-autel, attribué à François Girardon, domine le chœur avec son tableau central du Jugement de Saint-Pierre peint par Claude Velut. Le retable de saint Nicolas (1539), sculpté par Nicolas Halins, et l’autel baroque dédié à saint Jean-Baptiste, avec ses colonnes torses, illustrent la diversité artistique de l’édifice. La chaire de 1703, transférée de Clairvaux en 1793, et le banc-d’œuvre en pierre de 1539, rare exemple taillé dans ce matériau, complètent cet ensemble patrimonial.
Les cloches, fondues en 1861 à Robécourt (Vosges), portent les noms de Célestine (2 500 kg), Marie, Angélique et Constance. L’orgue actuel, installé en 1963 par Michel-Merklin & Kuhn, intègre des tuyaux anciens et fut inauguré lors de la réouverture de l’église. Les quatorze stations du chemin de croix en terre cuite, produites localement, et les lustres néogothiques en bronze ajoutent à la richesse décorative. Les litres funéraires sur les piliers rappellent l’ancienne seigneurie, abolie à la Révolution.