Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre est située dans la partie haute de l'ancien bourg de Vic-sur-Cère, en bordure du ruisseau de l'Iraliot et en contrebas de la motte de l'ancien château féodal ; la place devant l'édifice fut autrefois un cimetière bordé par les bâtiments de l'ancien bailliage de Vic. Selon une bulle attribuée au pape Grégoire VII, datée de 1080, l'église aurait dépendu de l'abbaye d'Aurillac, attribution qui a été contestée et pourrait résulter d'une lecture erronée du nom ; on la retrouve ensuite comme dépendance du monastère de Saint-Flour puis sous l'autorité de l'évêque de Haute-Auvergne, qui nommait le curé. De l'édifice primitif du XIe siècle ne subsistent que des modillons romans remployés dans la corniche, vestiges d'une construction qui aurait été détruite en 1265 par le sire d'Apchon et des paysans du Falgoux. Le chœur et la tour du clocher datent du XIIIe siècle ; la tour s'élève au-dessus de la première travée de la nef et passe d'un plan rectangulaire à un plan octogonal grâce à des trompes triangulaires coupant les angles, forme octogonale caractéristique des clochers du Carladès. Aux XIVe et XVe siècles furent ajoutées la nef et les bas-côtés, la nef actuelle comprenant quatre travées voûtées d'ogives et certaines travées datées du XVe siècle ; Bonne de Berry, vicomtesse de Carlat, et son fils Bernard VII d'Armagnac sont associés à ces reconstructions, leurs armes figurant sur les clefs de voûte. En 1754 la nef fut agrandie, la sacristie reconstruite et les charpentes de la nef et du clocher refaites par le maître charpentier Gérard Courtet. D'importants remaniements eurent lieu au début du XXe siècle : en 1903 l'architecte Lemaigre d'Aurillac refit la première travée de la nef, remplaça les chapelles latérales par des bas-côtés dans un style néo-gothique, ajouta la tribune et la sacristie, et la tribune occidentale fut édifiée avec les pierres de l'ancienne façade ouest ; ces travaux furent exécutés par l'entrepreneur Moussié. Les six chapelles latérales antérieures, dédiées à des familles locales — notamment les seigneurs de Vic devenus Comblat, les Sobrier de Laubret (héritiers des Boisset de la Salle), del Rieu, les Miramon seigneurs de Pesteils et les Sistrières — figuraient sur un plan conservé aux archives diocésaines ; la chapelle terminale en face de l'entrée était celle de la confrérie du Saint-Esprit, chargée de l'assistance aux pauvres. Toutes ces chapelles furent reconstruites dans le style ogival lors des élargissements de 1903, en même temps que le porche. Le chœur-abside rectangulaire comporte deux travées voûtées d'ogive attribuées au XIIe siècle, avec des clefs sculptées montrant, pour l'une, les clefs de saint Pierre et, pour l'autre, un Agnus Dei. Les vitraux, au nombre de sept et réalisés dans deux ateliers de Nancy, ornent les baies du chœur et des travées nord et sud : dans le chœur figurent des scènes de la vocation et de la crucifixion de saint Pierre accompagnées d'écus armoriés (dont les inscriptions « Ville de Vic », « Religieuses de Vic » et la mention « L'abbé Delmas »), et dans les travées se voient Sainte Jeanne d'Arc avec la devise « Dieu le veut », la Vierge de douleur, sainte Philomène, sainte Élisabeth de Hongrie, le Sacré-Cœur, saint Joseph à l'Enfant et saint Antoine de Padoue. L'édifice a connu des réaménagements à la fin du XIXe siècle (porche, dernière travée et tribune, collatéraux, façade sud) et la polychromie a fait l'objet d'une restauration en 2009. L'église est inscrite au titre des monuments historiques. Parmi le mobilier, on relève L'adoration des bergers par Issartier (huile sur toile, 1838), une Sainte Famille du XVIIe siècle et un triptyque de la Crucifixion peint en 2011 par Michel Four, exposé au fond de l'église.