Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L’église Saint-Pierre du Martroi, située à Orléans dans le département du Loiret, trouve ses origines au début du XVIe siècle, construite pour desservir une nouvelle paroisse formée près des anciens remparts de la ville. L’édifice, de style Renaissance, se compose d’une nef flanquée de deux bas-côtés, communiquant par des arcades. Peu après sa construction, des chapelles latérales furent ajoutées le long des collatéraux sud et nord, dont les arcades d’accès, aujourd’hui bouchées, témoignent des modifications ultérieures. Les voûtes d’ogives, initialement en pierre, furent refaites au début du XVIIe siècle avec des nervures de bois et des panneaux de lattis plâtré, suite aux dégâts des guerres de Religion. À l’extérieur, le parement en briques rouges et la disparition des arcs-boutants marquent son évolution architecturale.
Au XVIIe siècle, le portail principal fut enrichi de vantaux style Louis XIV et d’un haut-relief représentant saint Pierre délivré par les anges. Les grilles des portes, datées du XVIIIe siècle, ainsi que les modifications des fenêtres (perte des meneaux) illustrent les remaniements successifs. L’église, classée monument historique le 13 juin 1942, conserve des traces de son passé médiéval, comme les départs des anciennes voûtes et les arcs formerets. Son emplacement, à l’angle des rues d’Escures et Saint-Pierre du Martroi, près de la place du Martroi, en fait un repère central dans le patrimoine orléanais.
L’histoire du site remonte cependant bien avant le XVIe siècle : une première église, dédiée à Saint-Pierre-Ensentelée, est mentionnée dès 930, mais fut détruite pendant la guerre de Cent Ans. L’édifice actuel, successivement nommé Saint-Pierre-et-Sainte-Lée puis Saint-Pierre-Ensentelée, incarne ainsi près de mille ans de vie religieuse et urbaine. Aujourd’hui rattachée au diocèse d’Orléans, l’église reste un symbole de la résilience architecturale et spirituelle de la ville, mêlant héritage gothique, Renaissance et ajouts classiques.
Le choix des matériaux, comme la brique pour les parties de remplissage, reflète les ressources locales et les techniques de construction en vigueur aux XVIe et XVIIIe siècles. Les influences stylistiques, visibles dans le portail Renaissance ou les grilles du XVIIIe, soulignent les échanges artistiques de la région Centre-Val de Loire. L’absence actuelle d’arcs-boutants et la simplification des fenêtres (meneaux disparus) témoignent des adaptations structurelles au fil des siècles, tout en préservant l’identité première de l’édifice.