Frise chronologique
Vers 1125
Donation à l'abbaye de Sarlat
Donation à l'abbaye de Sarlat
Vers 1125 (≈ 1125)
Église cédée par l’évêque Guillaume II de Cahors.
1153
Bulle papale d'Eugène III
Bulle papale d'Eugène III
1153 (≈ 1153)
Confirmation des possessions de Sarlat, dont Calviac.
1334
Guillaume de Cedrieux élu évêque
Guillaume de Cedrieux élu évêque
1334 (≈ 1334)
Prieur de Calviac devient évêque de Sarlat.
XVe siècle
Reconstruction post-guerre de Cent Ans
Reconstruction post-guerre de Cent Ans
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout nef nord, clocher et tour escalier.
1681
Conflit de nomination du curé
Conflit de nomination du curé
1681 (≈ 1681)
Dispute entre l’évêque et Lamothe-Fénelon.
18 septembre 1970
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 septembre 1970 (≈ 1970)
Inscription officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre-ès-Liens (cad. B 980) : inscription par arrêté du 18 septembre 1970
Personnages clés
| Saint Sacerdos - Bienfaiteur du monastère |
Finança restauration avant les invasions (VIIIe siècle). |
| Guillaume II de Cahors - Évêque donateur |
Céda l’église à Sarlat vers 1125. |
| Eugène III - Pape |
Confirma la possession de Calviac en 1153. |
| Guillaume de Cedrieux - Prieur puis évêque |
Élu évêque de Sarlat en 1334. |
| François de Salignac - Comte de Lamothe-Fénelon |
Patron de l’église au XVIIe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-ès-Liens de Calviac-en-Périgord trouve ses origines dans une abbaye bénédictine du Haut Moyen Âge, le Monastère de Calabre, fondé avant le VIIIe siècle. Ce monastère, occupé par 40 moines vivant d’aumônes, fut restauré par saint Sacerdos avant d’être détruit par les invasions sarrasines et normandes (VIIIe–IXe siècles). Les reliques de saint Sacerdos, transférées à Sarlat entre 945 et 980, marquèrent la fin de son influence directe. L’abbaye fut ensuite rattachée à celle de Sarlat, comme en témoigne la bulle papale d’Eugène III en 1153.
Au XIIe siècle, l’église actuelle fut cédée à l’abbaye de Sarlat, d’abord par les doyens de Souillac (1128), puis confirmée par l’évêque de Cahors Guillaume II. Le plan initial, avec une travée de chœur romane voûtée en berceau et une nef sud, reflète cette période. Le site abritait aussi une chapelle Saint-Sernin, disparue aujourd’hui. En 1170, le pape Alexandre III réaffirma la possession de l’église (alors dédiée à saint Martin) par Sarlat, tout en rappelant le don de l’évêque Guillaume.
La guerre de Cent Ans dévasta Calviac, laissant l’église en ruine. Au XVe siècle, une restauration majeure eut lieu : une seconde nef gothique fut ajoutée au nord, dotée d’un clocher barlong à contreforts et d’une tour d’escalier circulaire. Le portail ouest, gothique puis remanié au XVIIe siècle, et les baies trilobées datent de cette époque. Le clocher, partiellement reconstruit au XVIIe siècle, intègre quatre baies en partie haute. L’église devint alors un prieuré uni à l’abbaye de Sarlat sous Clément V (début XIVe siècle).
Les conflits religieux marquèrent aussi son histoire : en 1681, une dispute opposa l’évêque de Sarlat au comte de Lamothe-Fénelon pour la nomination du curé. Pendant la Révolution, le curé se cacha avant d’être conduit à Sarlat, sans trace de condamnation. Classée Monument Historique en 1970, l’église conserve des éléments romans (nef sud, chœur) et gothiques (nef nord, clocher), illustrant son évolution sur cinq siècles.
L’édifice mêle ainsi héritage monastique médiéval, reconstructions post-conflits, et tensions ecclésiastiques. Son plan complexe, avec des arcs brisés et des voûtes ogivales, reflète les adaptations successives. Les reliques de saint Sacerdos, transférées à Sarlat, et les bulles papales du XIIe siècle soulignent son importance historique dans le diocèse de Cahors puis de Sarlat.