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Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise de style classique Eglise romane

Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac

    1 Place de l'Église
    47320 Clairac
Propriété de la commune ; propriété privée
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIIe siècle
Origine de l'abbaye bénédictine
Fin XIe - début XIIe siècle
Début de la construction romane
1453
Fin de la guerre de Cent Ans
1530
Nomination de Gérard Roussel
1565
Apostasie des moines
1604
Rattachement au Latran
1606-1648
Reconstruction par Garganti
1792
Saisie révolutionnaire
1846
Installation de l’orgue
1996
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise et le sol d'assiette des parties détruites de l'église Saint-Pierre-ès-Liens (cad. AB 435, 417, 418) : inscription par arrêté du 1er juillet 1996

Personnages clés

Gérard Roussel - Abbé réformé (1530) Propagateur du protestantisme à Clairac.
Geoffroy de Caumont - Abbé protestant (post-1530) Dirigea l’apostasie des moines en 1565.
Paolo Garganti - Administrateur du Latran (1606-1648) Reconstruit façade, mur sud et chevet.
Henri IV - Roi de France Ratifia l’union avec Saint-Jean-de-Latran en 1606.
Jules Magen - Facteur d’orgues (1846) Auteur de l’orgue de tribune.
Giovanni Carlo Masutti - Peintre (années 1930) Auteur du décor en trompe-l’œil.

Origine et histoire

L'église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac, située dans le département de Lot-et-Garonne, trouve ses origines au VIIIe siècle comme abbatiale bénédictine. Sa construction débuta à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle, avec des murs de clôture des nefs et un croisillon nord encore visibles aujourd’hui. De plan similaire à l’église de Moirax, elle mesurait 18 mètres de largeur, avec des bas-côtés de 3,50 mètres. Les destructions débutèrent pendant la guerre de Cent Ans, où troupes françaises et anglaises ravagèrent l’abbaye, ne laissant que 9 religieux en 1453.

En 1530, l’abbaye fut confiée à Gérard Roussel, partisan de la Réforme, nommé par Marguerite de Navarre. Sous son successeur Geoffroy de Caumont, les moines apostasièrent en masse en 1565, et l’abbaye fut pillée puis démolie. Henri d’Angoulême, grand prieur de France, en prit possession avant qu’elle ne soit rattachée au chapitre de Saint-Jean-de-Latran en 1604, suite à des négociations diplomatiques impliquant Henri IV et le pape Paul V. Le chanoine Paolo Garganti, envoyé par le Latran, entreprit alors la reconstruction de la façade, du mur sud, du chevet et d’un escalier à vis dans le chœur.

La Révolution française aggrava les dégradations : l’abbaye fut saisie comme bien national en 1792 et vendue en 1799. Au XIXe siècle, plusieurs campagnes de restauration eurent lieu, notamment en 1824 (façade), 1840-1841 (charpente et fausses-voûtes par Jean Mounié) et 1863 (façade à nouveau). L’orgue, installé en 1846 par Jules Magen, fut restauré en 1985 et 2003. Le décor en trompe-l’œil du cul-de-four, probablement réalisé en 1936-1937 par Giovanni Carlo Masutti, et le maître-autel provenant de l’abbaye d’Eysses (installé en 1988) complètent l’édifice, inscrit aux monuments historiques depuis 1996.

L’église conserve des éléments romans (mur nord, absidiole, clocher carré avec salle des chartes) et des ajouts gothiques (chapelle nord du XVe siècle). Les matériaux varient entre pierre de taille calcaire pour les parties anciennes et moellons, briques et pierre mêlés pour les reconstructions. Le plan actuel comprend une nef à bas-côtés, un chœur à chevet plat et une chapelle nord voûtée d’ogives. Les vitraux, le mobilier et l’orgue reflètent les restaurations successives, depuis le XVIIe siècle jusqu’à l’époque contemporaine.

Liens externes