Frise chronologique
VIIIe siècle
Origine de l'abbaye bénédictine
Origine de l'abbaye bénédictine
VIIIe siècle (≈ 850)
Fondation initiale de l’abbaye de Clairac.
Fin XIe - début XIIe siècle
Début de la construction romane
Début de la construction romane
Fin XIe - début XIIe siècle (≈ 1225)
Édification des murs et du croisillon nord.
1453
Fin de la guerre de Cent Ans
Fin de la guerre de Cent Ans
1453 (≈ 1453)
Ne reste que 9 religieux après destructions.
1530
Nomination de Gérard Roussel
Nomination de Gérard Roussel
1530 (≈ 1530)
Abbé réformé nommé par Marguerite de Navarre.
1565
Apostasie des moines
Apostasie des moines
1565 (≈ 1565)
Conversion massive au protestantisme sous Caumont.
1604
Rattachement au Latran
Rattachement au Latran
1604 (≈ 1604)
Union avec Saint-Jean-de-Latran par bulle papale.
1606-1648
Reconstruction par Garganti
Reconstruction par Garganti
1606-1648 (≈ 1627)
Façade, mur sud, chevet et escalier restaurés.
1792
Saisie révolutionnaire
Saisie révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Abbaye vendue comme bien national en 1799.
1846
Installation de l’orgue
Installation de l’orgue
1846 (≈ 1846)
Œuvre de Jules Magen, restauré en 1985.
1996
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1996 (≈ 1996)
Protection officielle de l’édifice et de son sol.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise et le sol d'assiette des parties détruites de l'église Saint-Pierre-ès-Liens (cad. AB 435, 417, 418) : inscription par arrêté du 1er juillet 1996
Personnages clés
| Gérard Roussel - Abbé réformé (1530) |
Propagateur du protestantisme à Clairac. |
| Geoffroy de Caumont - Abbé protestant (post-1530) |
Dirigea l’apostasie des moines en 1565. |
| Paolo Garganti - Administrateur du Latran (1606-1648) |
Reconstruit façade, mur sud et chevet. |
| Henri IV - Roi de France |
Ratifia l’union avec Saint-Jean-de-Latran en 1606. |
| Jules Magen - Facteur d’orgues (1846) |
Auteur de l’orgue de tribune. |
| Giovanni Carlo Masutti - Peintre (années 1930) |
Auteur du décor en trompe-l’œil. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-ès-Liens de Clairac, située dans le département de Lot-et-Garonne, trouve ses origines au VIIIe siècle comme abbatiale bénédictine. Sa construction débuta à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle, avec des murs de clôture des nefs et un croisillon nord encore visibles aujourd’hui. De plan similaire à l’église de Moirax, elle mesurait 18 mètres de largeur, avec des bas-côtés de 3,50 mètres. Les destructions débutèrent pendant la guerre de Cent Ans, où troupes françaises et anglaises ravagèrent l’abbaye, ne laissant que 9 religieux en 1453.
En 1530, l’abbaye fut confiée à Gérard Roussel, partisan de la Réforme, nommé par Marguerite de Navarre. Sous son successeur Geoffroy de Caumont, les moines apostasièrent en masse en 1565, et l’abbaye fut pillée puis démolie. Henri d’Angoulême, grand prieur de France, en prit possession avant qu’elle ne soit rattachée au chapitre de Saint-Jean-de-Latran en 1604, suite à des négociations diplomatiques impliquant Henri IV et le pape Paul V. Le chanoine Paolo Garganti, envoyé par le Latran, entreprit alors la reconstruction de la façade, du mur sud, du chevet et d’un escalier à vis dans le chœur.
La Révolution française aggrava les dégradations : l’abbaye fut saisie comme bien national en 1792 et vendue en 1799. Au XIXe siècle, plusieurs campagnes de restauration eurent lieu, notamment en 1824 (façade), 1840-1841 (charpente et fausses-voûtes par Jean Mounié) et 1863 (façade à nouveau). L’orgue, installé en 1846 par Jules Magen, fut restauré en 1985 et 2003. Le décor en trompe-l’œil du cul-de-four, probablement réalisé en 1936-1937 par Giovanni Carlo Masutti, et le maître-autel provenant de l’abbaye d’Eysses (installé en 1988) complètent l’édifice, inscrit aux monuments historiques depuis 1996.
L’église conserve des éléments romans (mur nord, absidiole, clocher carré avec salle des chartes) et des ajouts gothiques (chapelle nord du XVe siècle). Les matériaux varient entre pierre de taille calcaire pour les parties anciennes et moellons, briques et pierre mêlés pour les reconstructions. Le plan actuel comprend une nef à bas-côtés, un chœur à chevet plat et une chapelle nord voûtée d’ogives. Les vitraux, le mobilier et l’orgue reflètent les restaurations successives, depuis le XVIIe siècle jusqu’à l’époque contemporaine.