Frise chronologique
945
Donation à Cluny
Donation à Cluny
945 (≈ 945)
Giraud, évêque d’Uzès, donne le prieuré à Cluny.
1146
Première mention du doyenné
Première mention du doyenné
1146 (≈ 1146)
Apparition du *Decanus* de Colonzelle dans les textes.
2e moitié XIIe siècle
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
2e moitié XIIe siècle (≈ 1250)
Église romane construite sur un site occupé depuis l’Antiquité.
avant 1306
Sécularisation du prieuré
Sécularisation du prieuré
avant 1306 (≈ 1306)
Passage sous l’autorité de l’évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
XIVe siècle
Peintures murales du chœur
Peintures murales du chœur
XIVe siècle (≈ 1450)
Décor peint (Apôtres, Christ en majesté) ajouté.
1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1926 (≈ 1926)
Première protection officielle de l’édifice.
9 novembre 2009
Classement aux Monuments Historiques
Classement aux Monuments Historiques
9 novembre 2009 (≈ 2009)
Protection totale de l’église et de son environnement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité, ainsi que le sol de la parcelle B 415 sur laquelle elle est implantée : classement par arrêté du 9 novembre 2009 - Les parcelles, attenantes à l'église, B 413, 414, 416, 613 à 617, 604, situées route de Montségur-sur-Lauzon au hameau de Margerie : inscription par arrêté du 2 juin 2009
Personnages clés
| Giraud - Évêque d’Uzès (Xe siècle) |
Dona le prieuré à Cluny en 945. |
| Bernard - Doyen de Colonzelle (1146) |
Premier doyen mentionné dans les archives. |
| Adhémar de Grignan - Religieux clunisien et seigneur |
Doyen et prieur, fit passer le fief à Grignan. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle, située dans le département de la Drôme en Auvergne-Rhône-Alpes, est un édifice roman construit dans la deuxième moitié du XIIe siècle. Elle appartenait initialement à un prieuré affilié à l’ordre de Cluny dès le Xe siècle, comme en témoigne une donation de 945 par Giraud, évêque d’Uzès. L’église actuelle, de petites dimensions, se compose d’une nef unique et d’un chevet semi-circulaire, avec une façade méridionale renforcée par des contreforts. Son architecture sobre contraste avec la richesse de son décor sculpté, notamment sur la porte sud, où un linteau gallo-romain en remploi (IIe siècle apr. J.-C.) représente une scène fluviale avec des tonneaux et un marin.
L’église conserve des traces d’une occupation continue du site depuis l’Antiquité, avec des vestiges archéologiques attestant d’une nécropole paléochrétienne (VIIe–VIIIe siècles) et d’une première église funéraire. Au XIVe siècle, le chœur fut orné de peintures murales (Apôtres, Christ en majesté, Daniel dans la fosse aux lions), aujourd’hui partiellement visibles. Le prieuré, sécularisé avant 1306, passa sous l’autorité de l’évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. L’édifice, inscrit en 1926 puis classé monument historique en 2009, a subi des restaurations (toiture en 1974) et des vols, comme celui du tympan sculpté vers 1980.
Le linteau de la porte sud, posé à l’envers, provient d’un monument funéraire antique et dépeint une barque chargée de marchandises, symbole possible de la vie économique locale à l’époque romaine. Les marques de tâcherons visibles sur les contreforts, les arcs et les fenêtres révèlent les techniques de construction médiévales. À l’intérieur, la nef voûtée en berceau et l’abside en cul-de-four abritent des arcs formerets et des niches, tandis que des fouilles ont mis au jour des sarcophages des VIIIe–XIIIe siècles, confirmant la fonction paroissiale et cimetière de l’église.
Le site de Colonzelle, mentionné dès 1146 sous le nom de Decanus, était un bénéfice clunisien dépendant du prieuré de Saint-Saturnin-du-Port (Pont-Saint-Esprit). Au XIIIe siècle, le fief fut disputé entre le seigneur de Grignan et l’Église, avant d’être sécularisé. Les visites pastorales des XVe et XVIe siècles décrivent un prieuré en ruine, tandis qu’un porche (effondré au XIXe siècle) fut ajouté à la façade ouest. Les peintures murales, redécouvertes au XXe siècle, et les vestiges archéologiques en font un témoignage rare de l’art et de la vie religieuse en Drôme provençale.