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Église Saint-Pierre-ès-Liens de Gigouzac dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique

Église Saint-Pierre-ès-Liens de Gigouzac

    Les Devezes
    46150 Gigouzac
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1153
Première mention de l'église
1259
Don au monastère du Vigan
1348
Réorganisation des chapellenies
1360-1443
Sièges anglais pendant la guerre de Cent Ans
XIVe siècle (début)
Fondation de la chapellenie
1450
Fusion de la chapellenie
XVIIe siècle
Ajout du bas-côté nord
1895
Travaux de restauration
14 juin 1972
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. AB 121) : inscription par arrêté du 14 juin 1972

Personnages clés

Raymond Stephani de Valon - Seigneur de Gigouzac (XIIIe siècle) Donna la paroisse au monastère du Vigan.
Bernard Stephani - Seigneur et bienfaiteur (XIVe siècle) Réorganisa les chapellenies en 1348.
Pierre Stéphani - Défenseur de Gigouzac Mort lors du siège anglais de 1369.
Jacques de Valon - Seigneur (XVe siècle) Restaura le chœur après la guerre.
Jean de Valon - Seigneur (début XVe siècle) Échangea Gigouzac avec Bernard de Valon.
Isabeau du Bousquet - Dernière héritière des Valon Transmit la seigneurie aux du Bousquet.

Origine et histoire

L’église Saint-Pierre-ès-Liens, attestée dès 1153, fut initialement la chapelle du château des Stephani, seigneurs de Gigouzac. La tour et une partie de la nef datent du XIIe siècle, tandis que la chapelle latérale, contemporaine de l’édifice, servait de chapellenie pour les messes commanditées par cette famille. La paroisse fut donnée au monastère du Vigan par Raymond Stephani de Valon, qui rendit hommage au roi de France en 1259. Les Stephani fondèrent une chapellenie au début du XIVe siècle, enrichie en 1348 par Bernard Stephani, qui augmenta le nombre de chapelains.

Pendant la guerre de Cent Ans, Gigouzac subit plusieurs sièges anglais (1360, 1369, 1406, 1415), causant destructions et ruine économique. La région, sous domination anglaise entre 1371 et 1380, fut libérée en 1390, mais les seigneurs restèrent en défense. Jacques de Valon, dernier héritier notable, mourut vers 1480, laissant ses biens ruinés. La chapellenie fut fusionnée en 1450 avec le collège des prêtres obituraires. L’église, restaurée après la guerre, vit son chœur voûté refait, un bas-côté nord ajouté au XVIIe siècle, et des fausses voûtes installées au XIXe.

L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1972, conserve un retable en noyer du XVIIe siècle attribué aux ateliers Tournié. Son architecture complexe reflète les adjonctions successives : abside du XIIIe siècle à croisée d’ogives, nef primitive du XIIe, et bas-côté nord du XVIIe. La tour, initialement défensive, fut surélevée pour former un clocher. Les vestiges du château adjacent, disparus en 1897, rappellent son lien originel avec la seigneurie de Gigouzac.

Les Stephani puis les Valon marquèrent l’histoire du lieu, avec des tombes familiales dans l’église, dont celle de Jacques de Valon (mort en 1567). La seigneurie passa ensuite aux du Bousquet, puis aux Filhol et d’Arnis par alliances, avant d’être vendue en 1670. Peu touchée par les guerres de Religion, la région conservait une stabilité relative, contrastant avec les ravages de la guerre de Cent Ans.

Le mobilier inclut des éléments remarquables comme les culots historiés de l’abside et les litres funéraires des du Bousquet, apparues lors de travaux en 1895. L’église, propriété communale, témoigne aujourd’hui de près de neuf siècles d’histoire locale, entre pouvoir seigneurial, conflits médiévaux et évolution architecturale.

Liens externes