Frise chronologique
1037
Première charte mentionnant l'église
Première charte mentionnant l'église
1037 (≈ 1037)
Don de Bonix à l’église Saint-Pierre.
1074
Donation de Rostaing et Aicelène
Donation de Rostaing et Aicelène
1074 (≈ 1074)
Biens cédés à l’église par la famille seigneuriale.
1075
Donation à l’abbaye Saint-Pons
Donation à l’abbaye Saint-Pons
1075 (≈ 1075)
L’église et son domaine cédés aux moines.
XIIIe siècle
Transformation en prieuré paroissial
Transformation en prieuré paroissial
XIIIe siècle (≈ 1350)
Dépendance de l’abbaye Saint-Pons de Nice.
1627–1656
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
1627–1656 (≈ 1642)
Travaux dirigés par la communauté locale.
1652
Inspection de Jean-André Guiberto
Inspection de Jean-André Guiberto
1652 (≈ 1652)
Architecte impliqué dans les travaux.
1654–1655
Intervention de Jean-Pierre Marvaldi
Intervention de Jean-Pierre Marvaldi
1654–1655 (≈ 1655)
Stucs et décoration intérieure.
1791
Installation de l’orgue Grinda
Installation de l’orgue Grinda
1791 (≈ 1791)
Œuvre des facteurs niçois Honoré et Antoine.
28 décembre 1978
Classement monument historique
Classement monument historique
28 décembre 1978 (≈ 1978)
Protection de l’édifice et de ses chapelles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise et deux chapelles des Pénitents accolées de part et d'autre de l'église (cad. A 480) : classement par arrêté du 28 décembre 1978
Personnages clés
| Bonix - Donateur (1037) |
Premier don connu à l’église Saint-Pierre. |
| Raimbald - Seigneur de Nice (XIe siècle) |
Approuve la charte de 1037. |
| Rostaing - Seigneur de Nice, donateur (1074–1075) |
Cède l’église à l’abbaye Saint-Pons. |
| Aicelène - Épouse de Rostaing |
Co-donatrice en 1074. |
| Innocent XI - Pape (1687) |
Transfère le prieuré à la mense conventuelle. |
| Jean-André Guiberto - Ingénieur-architecte (XVIIe siècle) |
Supervise les travaux de reconstruction. |
| Baptiste Bonanat - Entrepreneur (1627–1656) |
Responsable des travaux de construction. |
| Jean-Pierre Marvaldi - Maître stucateur (1654–1655) |
Réalise les décors intérieurs. |
| Honoré et Antoine Grinda - Facteurs d’orgue (1791) |
Constructeurs de l’orgue installé. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-ès-Liens de l’Escarène trouve ses premières mentions dans les archives de l’abbaye Saint-Pons de Nice. Une charte de 1037 atteste d’un don fait à l’église Saint-Pierre par Bonix, avec l’accord de Raimbald, seigneur de Nice, en présence de l’évêque Nitard. Ce document marque le début de son histoire écrite, liée aux puissantes familles niçoises et à l’influence ecclésiastique régionale.
En 1074, Rostaing, fils de Raimbald, et son épouse Aicelène cèdent à l’église des biens situés à l’Escarène. L’année suivante, Rostaing et sa famille donnent l’église Saint-Pierre et son domaine à l’abbaye Saint-Pons, donation confirmée par une charte de 1081. Au XIIIe siècle, l’église devient un prieuré paroissial dépendant de l’abbaye, son prieur exerçant même des droits seigneuriaux sur le bourg jusqu’à la mort de la reine Jeanne au XIVe siècle.
La reconstruction totale de l’église au XVIIe siècle (1627–1656) est pilotée par la communauté locale, avec des travaux dirigés par l’ingénieur Jean-André Guiberto et l’entrepreneur Baptiste Bonanat. Les registres des syndics détaillent les étapes, dont l’intervention du stucateur Jean-Pierre Marvaldi (1654–1655) et la pose de la toiture par les frères Veran. En 1657, la vente de chapelles latérales finance l’achèvement de la décoration intérieure.
L’édifice, classé monument historique en 1978, abrite un orgue des frères Grinda installé en 1791. Son architecture baroque et son mobilier, répertoriés par la base Palissy, témoignent de son rôle central dans la vie religieuse et sociale de l’Escarène, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne.
Au XIXe siècle, l’église conserve son statut de lieu de culte majeur, intégrée à un vicariat forain. Son histoire reflète les liens étroits entre pouvoir ecclésiastique, noblesse locale et communauté villageoise, caractéristiques des Alpes-Maritimes pré-révolutionnaires.